Pourquoi le certificat de décès infirmier change concrètement le quotidien des familles ?
Un décès à domicile est un moment extrêmement lourd pour les proches, à la fois émotionnellement et administrativement. Or, en France, certaines démarches essentielles ne peuvent pas être lancées sans certificat de décès, notamment l’autorisation de fermeture du cercueil ou l’organisation des obsèques. Pendant longtemps, seul un médecin pouvait établir ce document, ce qui posait un problème majeur : en zones rurales, en soirée, la nuit ou le week-end, obtenir le déplacement d’un médecin pouvait prendre un temps très long.
Ce délai n’est pas qu’un inconfort. Il génère une situation bloquée, parfois vécue comme injuste ou absurde par les familles : elles sont prêtes à avancer, mais tout est suspendu à un acte médical qui n’est pas toujours réalisable rapidement. C’est dans ce contexte qu’a émergé l’idée d’autoriser certaines infirmières à intervenir. Le certificat de décès infirmier a donc été pensé comme une réponse à un vrai “pain point” terrain : réduire l’attente, sécuriser l’organisation des soins et désengorger les urgences, souvent sollicitées uniquement pour formaliser une situation déjà constatée.
Depuis quand les IDEL peuvent établir un certificat de décès ?
La possibilité pour les infirmières libérales (et certains infirmiers salariés) d’établir un certificat de décès est issue du décret n° 2025-371 du 22 avril 2025. Ce texte vient formaliser un cadre national après une phase d’expérimentation et inscrit cette compétence dans une logique de territorialisation de l’offre de soins, notamment dans les zones où la présence médicale est insuffisante.
Il faut toutefois bien comprendre l’esprit du texte : le décret ne donne pas un droit général à toutes les IDEL. Il crée un dispositif volontaire, encadré, avec des exclusions strictes. Autrement dit, le certificat de décès reste un acte sensible. Simplement, il devient possible de le déléguer dans des circonstances sécurisées, lorsqu’il n’y a aucun doute sur le caractère naturel du décès et lorsqu’une IDEL formée est disponible.
Qui peut établir un certificat de décès infirmier ?
La réglementation est très claire : pour établir un certificat de décès infirmier, une IDEL doit répondre à plusieurs critères cumulatifs. Tout d’abord, elle doit justifier d’une expérience minimale : être diplômée depuis au moins trois ans. Ce point est essentiel, car la rédaction du certificat repose sur une capacité à évaluer une situation clinique particulière, dans un contexte émotionnel fort.
L’IDEL doit obligatoirement avoir suivi une formation spécifique, d’une durée de 12 heures. L’objectif n’est pas seulement théorique : il s’agit de sécuriser la pratique. Cette formation porte sur l’examen du corps, l’identification des situations suspectes, le cadre juridique, ainsi que les responsabilités engagées. Ce n’est donc pas un simple module administratif : on attend une compétence opérationnelle, capable de limiter tout risque médico-légal.
D plus, l’infirmière doit être inscrite sur une liste de professionnels volontaires (via le dispositif prévu), ce qui permet aux acteurs locaux (SAMU, ARS, etc.) et aux familles d’identifier les professionnels habilités. Dans la pratique, cela signifie que l’accès au certificat de décès infirmier repose aussi sur l’organisation territoriale, et non uniquement sur la volonté individuelle.
Dans quels cas l’IDEL peut établir un certificat de décès ?
Même habilitée, une IDEL ne peut pas établir un certificat pour n’importe quel décès. Le dispositif vise des situations précises : le décès d’une personne majeure, survenant dans un contexte compatible avec une mort naturelle, sans suspicion de violence. Concrètement, lorsque l’IDEL intervient, son rôle consiste à constater le décès, effectuer un examen, s’assurer de l’absence de signe de suspicion, puis établir le document.
C’est ici que le sujet devient central : le certificat de décès n’est pas seulement une formalité. Il engage l’ensemble du processus médico-administratif et peut avoir des conséquences en cas de doute. Le texte encadre donc strictement le champ d’action : l’IDEL doit rester dans son périmètre sécurisé. Dès qu’une situation sort de ce cadre, elle doit orienter vers un médecin ou le SAMU.
Les exclusions : quand l’IDEL ne peut pas signer le certificat de décès
Il existe des cas où le certificat ne doit jamais être établi par une IDEL, même formée. Sont notamment exclus les décès sur la voie publique, les décès présentant des signes évocateurs de violence, les morts suspectes ou toute situation laissant envisager une cause non naturelle. Ces exclusions ne sont pas anecdotiques : elles protègent à la fois la famille, les autorités et la professionnelle.
C’est précisément pour cela que la question de la signature certificat de décès infirmier doit être prise très au sérieux. Cette signature n’est possible que si l’IDEL est certaine que le décès entre dans le cadre prévu. Si un doute apparaît même minime la bonne conduite professionnelle est de ne pas signer et de déclencher le circuit médico-légal adapté.
Signature certificat de décès infirmier : que signifie “signer” juridiquement ?
La signature certificat de décès infirmier est l’un des points les plus sensibles du dispositif. Signer signifie que l’IDEL atteste du décès et certifie qu’il n’existe aucun élément justifiant une exclusion du dispositif. C’est un acte engageant, qui peut être réinterrogé ultérieurement.
Dans la pratique, cela implique une rigueur absolue : examen, recueil du contexte, analyse clinique, traçabilité. C’est aussi pour cela que la formation obligatoire inclut un volet juridique : car une IDEL qui réalise un certificat de décès infirmier agit dans un cadre réglementé, avec une responsabilité professionnelle renforcée. On ne “rend pas service” : on réalise un acte réglementaire.
La signature peut être réalisée sur certificat papier ou via l’outil CertDC, selon les conditions et l’organisation territoriale. Dans tous les cas, le résultat est le même : une certification officielle qui autorise la suite des démarches.
Quelle procédure suivre pour établir un certificat de décès infirmier ?
Sur le terrain, la démarche suit un fil conducteur simple, mais elle doit être formalisée. L’IDEL se rend au domicile ou dans la structure concernée, examine la personne décédée, vérifie les critères d’éligibilité, puis rédige le certificat de décès. Lorsque la certification est dématérialisée, elle peut être réalisée via CertDC (notamment à domicile ou en ESMS, lorsque le dispositif est opérationnel localement). Ce point est important car la certification électronique permet une transmission plus rapide et limite les erreurs.
Une fois le certificat réalisé, il doit être transmis dans les délais réglementaires aux autorités administratives compétentes (souvent la mairie / état civil). Ce déclenchement est précisément ce qui résout le pain point initial : la famille n’est plus bloquée, et les démarches peuvent avancer.
Rémunération certificat de décès infirmier : combien l’IDEL est payée ?
La rémunération certificat de décès infirmier est encadrée nationalement. C’est une bonne chose car elle sécurise le modèle et évite les interprétations.
L’acte est rémunéré via un forfait :
- 42 € lorsque l’intervention a lieu en journée (8h–20h), hors zone spécifique,
- 54 € lorsqu’elle a lieu de nuit, week-end, jour férié et/ou dans certains territoires considérés fragiles en offre médicale.
Cette rémunération certificat de décès infirmier vise à reconnaître l’acte, mais aussi la contrainte : intervention souvent imprévue, moment délicat, haute responsabilité. Il faut d’ailleurs rappeler que l’intérêt n’est pas seulement économique. L’acte constitue aussi une forme de reconnaissance réglementaire des IDEL comme actrices clés de la continuité des soins, notamment dans les situations de fin de vie.
Il est important d’éviter les erreurs de facturation : le forfait est spécifique et ne se cumule pas librement avec d’autres majorations comme un soin classique. C’est un acte à part entière, codifié, à intégrer dans une logique de conformité.
Pourquoi ce nouveau droit renforce le rôle des IDEL en fin de vie ?
Le certificat de décès infirmier est plus qu’un geste administratif. Il place l’IDEL au cœur de la continuité de prise en charge à domicile. Les infirmières libérales, déjà fortement impliquées dans les soins palliatifs, la coordination, et l’accompagnement des familles, deviennent capables d’agir jusqu’à une étape critique du parcours.
En pratique, cette évolution améliore la qualité du parcours de fin de vie : la famille bénéficie d’une réponse plus rapide, plus humaine, souvent assurée par une professionnelle déjà connue du patient. En parallèle, le système de soins gagne en efficacité. Moins d’appels au SAMU pour des certificats, moins de déplacements médicaux non prioritaires, moins de transferts inadaptés vers les urgences.
Cette réforme traduit donc une direction claire : moderniser et adapter les compétences aux réalités territoriales, tout en sécurisant les actes. C’est exactement ce que la réglementation tente d’équilibrer : accessibilité, sécurité, et responsabilité.
Vous souhaitez renforcer vos compétences IDEL sur les actes à forte responsabilité (fin de vie, cadre juridique, traçabilité, bonnes pratiques) et sécuriser votre pratique ? Découvrez nos formations dédiées aux IDEL pour approfondir vos connaissances et gagner en sérénité sur le terrain.
Conclusion
Le certificat de décès infirmier marque une évolution réglementaire importante pour les IDEL. En permettant, sous conditions strictes, d’établir un certificat de décès, le décret de 2025 réduit les délais d’attente des familles et limite les blocages administratifs, notamment en zones sous-dotées ou hors horaires médicaux. La signature du certificat de décès infirmier reste un acte à forte responsabilité, réservé aux décès non suspects. Enfin, la rémunération du certificat de décès infirmier, fixée par forfait, reconnaît la contrainte et l’enjeu de cette intervention dans le parcours de fin de vie.

Certificat de décès IDEL
+ de 1000 téléchargements