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Lire un ECG

Comment lire un ECG ?

Hippolyte Le Dem

Fondateur de Walter

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Vous êtes médecin généraliste en cabinet ? Vous êtes donc amené à suivre le plan de formation DPC. Etant donné le nombre grandissant de patients atteints de maladies cardiovasculaires, préparer et interpréter un électrocardiogramme entraîne une prise en charge plus rapide de vos patients et votre autonomie professionnelle. Mais comment lire un ECG ? Au-delà d’une formation complète, et essentielle, sur la lecture de l’électrocardiogramme, commencez par celle de notre article. Vous y apprendrez les connaissances essentielles à la lecture d'un ECG. Son interprétation n'aura plus de secret pour vous.

L'axe du QRS

L’axe du QRS se calcule rapidement, avec un peu de pratique. Il doit être positionné dans l’intervalle de - 30° et 90°.  Ne craignez pas les premiers calculs. Cette pratique peut être ludique et rapide si vous êtes motivés à apprendre à lire un ECG

 

L’axe du cœur se calcule dans le plan frontal. Il est la composante des vecteurs AvF et D1. Cet axe doit être compris entre 0 et 90°.

 

Vecteur global de l'activation ventriculaire dans le plan frontal

Vecteur global de l'activation ventriculaire dans le plan frontal (extrait de la formation ECG). © Walter Santé

 

Le triangle d’Einthoven peut vous aider pour comprendre le calcul. Il s’agit d’un triangle conventionnel centré sur le cœur du patient, avec la pointe vers le bas. La ligne supérieure représente D1, tandis que le segment situé du côté droit du patient représente D2. D3 est sur le dernier côté du triangle d’Einthoven. Ce dernier porte le nom du médecin qui a participé à la naissance de la cardiologie moderne. Ces dérivations sont dites bipolaires, car on a besoin de 2 électrodes pour observer les mouvements cardiaques.

 

Le R de AvR signifie Right, le L de AvL signifie Left et le F de AvF signifie Foot, soit la pointe basse du triangle. L’axe QRS est construit à partir d’une abscisse représentée par D1 et d’une ordonnée représentée par l’AvF. La partie inférieure représente le pôle positif tandis que la partie supérieure est négative.

 

La taille des tracés D1 et AvF détermine le vecteur du cœur. Si on déplace D1 sur le cœur, en utilisant la même méthode, on peut calculer le vecteur et l’axe du cœur. Le calcul systématique de l’axe vous permettra, avec le temps, de déceler facilement les anomalies.

 

Maîtrisez la lecture d'ECG et les troubles du rythme cardiaque en suivant la formation ECG de Walter Santé, éligible au DPC et dispensée par Denis Hamet, cardiologue à l'Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris.

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Les différents types d'ondes sur un ECG

L’information principale à retenir est que la pratique est la clé d’une lecture d’électrocardiogramme fluide et efficace. Une formation ECG pour médecin généraliste vous aidera à commencer vos interprétations en toute confiance. Pour préparer un ECG au mieux, vous devez connaître les différentes oscillations à interpréter.

 

Le QRS est composé de l’onde Q. Elle apparaît dans les dérivations précordiales et latérales et ne doit pas mesurer plus de 30 millisecondes. Son ampleur doit être inférieure au quart de l’onde R. En cas de pathologie, elle mesure plus de 40 millisecondes et son ampleur est plus de 25 % supérieure à l’onde R.

 

ECG : Onde Q dans les dérivations

Onde Q dans les dérivations (extrait de la formation ECG). © Walter Santé

 

L’onde R est la première pulsation positive du QRS. C’est l’onde de transition du QRS. C’est l’axe où les dérivations passent du positif au négatif.

 

Si le QRS est large, l’onde T est opposée à l’axe QRS, et inversement. Le segment ST correspond à la repolarisation ventriculaire. L’intervalle est mesuré entre le point J et le début de l’onde T. Cette dernière a une forme asymétrique. Sa forme est toujours dans le même axe que QRS s’il est fin. A contrario, si l’axe QRS est large, l’onde T lui sera opposée.

L’onde U est sur le même axe que T, mais elle n’est pas forcément visible. La voir n’introduit pas non plus une pathologie. Retenez simplement qu’elle existe.

 

L’intervalle QT est défini par l’intervalle temporel entre le début de QRS et la fin de l’onde T. Il doit mesurer entre 350 et 450 millisecondes pour les patients de sexe masculin, et jusqu’à 470 pour les patientes. Cet intervalle dépend aussi du rythme cardiaque et sa mesure doit être réévaluée en fonction de celle-ci.

Bon à savoir

Pas d’inquiétude : des formules de correction à utiliser en fonction du rythme existent, et, le plus souvent, un intervalle QT corrigé est fourni directement par la machine.

Comment calculer la fréquence cardiaque sur un ECG ?

La fréquence des battements du cœur est le premier élément d’interprétation d’un ECG. Toutes les courbes peuvent d’abord vous rebuter, mais l’analyse de la fréquence cardiaque peut répondre à vos besoins dans 80 % de situations.

 

La fréquence est, certes, indiquée par la machine, mais elle peut être calculée avec une technique simple. Pour calculer la fréquence cardiaque, prenez un QRS et décalez-le à intervalles réguliers de 5 millimètres. Chaque intervalle de 5 mm correspond à un rythme cardiaque. Si le QRS suivant est très proche, le rythme cardiaque est très rapide.

 

Pour vous aider, vous pouvez retenir les cadences cardiaques suivantes (ou nombre de battements par minute), qui correspondent chacun à un intervalle de 5 mm : 300, 150, 100, 75, 60, 50. Vous constatez que plus on s’éloigne du QRS de référence, plus le rythme est lent.

 

Un rythme supérieur à 100 BPM correspond à une tachycardie tandis qu’un rythme inférieur à 50 BPM est appelé bradycardie.

 

Le deuxième point auquel prêter attention est la largeur du QRS. S’il est fin, il doit avoir une durée inférieure à 100 millisecondes, chez un patient adulte. Un QRS large mesure plus de 100 ms.

 

La durée des QRS peut varier avec les dérivations. La durée doit être mesurée entre le début et la fin du QRS sur toutes les dérivations. Ainsi, vous obtenez une fréquence cardiaque fiable. Avec ces deux indications, vous pouvez rapidement prendre en considération le fait qu’un rythme rapide à QRS large relève d’un cas plus grave qu’un rythme normocarde à QRS fin.

 

La mise en place et l'interprétation d'un électrocardiogramme n’est pas à prendre à la légère. Vous pouvez vous former pour offrir ce service supplémentaire à vos patients. Cela vous permet également de prendre en charge rapidement les cas les plus graves. Si les différentes ondes vous intimident encore, gardez en tête que la pratique affinera vos interprétations. De plus, la mesure du rythme cardiaque et la largeur du QRS, qui sont deux mesures simples à effectuer, vous donneront déjà de nombreuses informations sur l’état de santé de vos patients.

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