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Diabète de type 2 et insuline

Le traitement par insuline du diabète de type 2

Hippolyte Le Dem

Fondateur de Walter

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L'insuline est une hormone naturellement fabriquée par le corps humain par le pancréas, plus précisemment au niveau des cellules dans les îlots de Langerhans. Elle a pour rôle de favoriser le passage du glucose depuis le sang jusque dans les cellules. Chez le diabétique de type 1, le pancréas est dans l'incapacité de produire cette hormone et pour les patients atteints d'un diabète de type 2, le pancréas en fabrique mais de façon insuffisante ou en mauvaise qualité.

 

Comme l'insuline est une hormone nécessaire au bon fonctionnement du corps humain, il est dès lors primordial de l'injecter chez les patients diabétiques. Mais quelles sont les différentes catégories d'insuline ? Comment se conservent-elles ? Dans quelles zones peut-on injecter l'insuline ? Découvrez-le dans cet article.

Les différentes catégories d'insuline

     
Dans le cadre de l'insulinothérapie, trois laboratoires pharmaceutiques (Lilly, Novo Nordisk et Sanofi) distribuent en France plus d'une trentaine d'insulines différentes. Ces insulines rentrent dans des catégories différentes.

 

  • L'insuline à action intermédiaire (comme Novorapid, Humalog ou Apidra)
    Ce type d'insuline est fourni entre 2 et 5 heures mais ne reste pas dans l'organisme plus de 3 heures. Après injection le patient doit commencer à manger car l'insuline atteint son maximum d'un point de vue efficacité environ 15 à 30 minutes plus tard. La glycémie visée est celle post-prandial comprise entre 1,20 et 1,80g/L environ deux heures après le début du repas.
  • L'insuline à action ultra rapide (comme Fiasp ou Lyumjev)
    Elle agit pendant 3 heures dans l'organisme est doit être injectée entre 5 et 10 minutes avant le début du repas, le pic d'hypoglycémie ayant lieux environ 20 minutes après l'administration. La glycémie à prendre en compte est la même que pour l'insuline à action immédiate.
  • L'insuline humaine d'action rapide (comme Actrarpide ou Umuline rapide par exemple)
    Sa durée d'efficacité est plus longue : entre 6 et 7 heures et elle atteint son efficacité maximale au bout d'une heure. Administrée environ une demi heure avant le repas, la glycémie cible est celle préprandiale soit 0,70 - 1,20 g/L 6 heures après le injection.
  • L'insuline humaine d'action intermédiaire (comme Insulatard ou Umuline NPH)
    Sa durée d'action est de 12 heures et elle commence à faire effet une heure après l'injection. La glycémie visée est celle pré prandiale mais elle doit être prise avant le repas du soir ou à jeun le matin. 
  • Les analogues d'action prolongée (comme Levemir ou Tresiba)
    Les analogues ont une durée très longue, allant d'environ 15 heures pour Levemir à 30h pour Tresiba. Encore une fois la glycémie cible est celle à jeun.
  • L'insuline biphasique (comme Umuline Profil 30 ou Novo mix 30)
    Elles ont la possibilité de se remettre en suspension une quinzine de fois en les faisant basculer en haut en bas. On vise souvent la glycémie pré-prandiale avec ces produits mais il est possible de faire celle postprandiale pour avoir une indication quant à la quantité de pourcentage rapide.

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Comment se conserve l'insuline ?

Le stock d'insuline se conserve dans un frigidaire. Cependant, il ne faut pas mettre les insulines en cours d'utilisation au frigidaire. Après 30 jours, même si le stylo n'est pas totalement vide, l'insuline doit être jetée car elle n'est plus efficace.

 

La pièce dans laquelle est conservée l'insuline doit répondre à plusieurs critères :

  • Sa température ne doit pas excéder 30°.
  • Il ne faut pas qu'elle présente d'humidité.
  • L'insuline ne doit pas être en contact avec les UV.

Important

Un stylo ne doit jamais être laissé ouvert. Si l'une des conditions précédentes n'est pas respectée, cela peut engendrer une dégradation de la qualité de l'insuline.

Par ailleurs, il faut bien rappeler aux patients de changer d'aiguille lors d'une nouvelle administration. Il faut aussi bien éduquer le patient diabétique quant à l'importance de la purge. Cela consiste à chasser l'espace mort pour s'assurer de la validité du stylo. La purge, faite systématiquement, passe par le fait de mettre deux unités et le stylo en l'air puis pousser pour évacuer les bulles d'air. En tant qu'infirmier(ère), votre rôle est de vérifier que le patient est en capacité de bien doser son insuline et qu'il voit correctement.

Les sites d'injection

Le choix du site d'injection peut varier selon différents facteurs dont notamment la densité musculaire. Il existe cinq sites principaux : 

  • au niveau de l'abdomen : la zone s'étend d'un flanc à l'autre et en dessous des côtes, à 2 doigts de l'ombilic ; 
  • au niveau de la cuisse : celle-ci concerne la partie haute de la cuisse au niveau de l'extérieur et du devant ; 
  • au niveau de la fesse : le site va du quart extérieur du haut de la fesse au flan et au sillon interfessier ; 
  • au niveau du bras : cela concerne l'arrière du bras dans sa partie haute ; 
  • au niveau de la sus et sous épineuse

Avant injection, il est essentiel de vérifier que la zone choisie est saine dans la mesure où elle ne présente pas d'œdème ni de cicatrice, de rougeur ou d'infection. Il est déconseillé d'enchaîner des injections au même endroit. Effectivement, il ne faut pas repiquer la même zone d'injection avant 6 à 8 semaines afin d'éviter la formation de bosses ou de creux aussi appelés lipodystrophies. Celles-ci correspondent à un amas d'insuline. Pour ce faire, il est préconisé d'utiliser des grilles de rotations.

 

Lors de l'injection, si il y a une perte d'insuline, il ne faut pas injecter de dose supplémentaire, mais il est nécessaire de noter cette situation dans un carnet. L'étude de Fitter a dressé un protocole d'injection qui est le suivant.

  1. Le patient doit commencer par vérifier qu'il ne fasse pas de plis, sauf pour l'enfant de moins de 6 ans, une personne anorexique ou une personne âgée.
  2. L'aiguille choisie doit mesurer 4 mm et la piqûre se fait de façon droite à la perpendiculaire. Il faut impérativement respecter la taille de l'aiguille car si le patient est piqué dans le muscle, il peut être sujet à une hypoglycémie sévère.

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