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Santé

Kinésithérapeute

Biofeedback périnéal

Réaliser un biofeedback périnéal en kinésithérapie : définition et déroulement

Alphonse Doutriaux

Co-fondateur de Walter

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Lors de la kiné périnéale, le biofeedback permet de prendre la relève du travail de rééducation périnéal manuel. Découvrez comment se déroule cet examen et comment faire un biofeedback à domicile.

Le biofeedback

La technique manuelle à ses limites sur l’anatomie du périnée. En effet, on ne peut pas aller au-delà de ce qu’il est possible de faire manuellement. Pour pallier cela, il existe une technique, appelée biofeedback périnéal.

 

La définition du biofeedback est la suivante : il s’agit d’un rétrocontrôle d’une fonction automatique, qui est très important en périnéologie, car dans le périnée le diaphragme pelvien principal est invisible. Une femme le sens plus ou moins bien, mais elle ne le vois jamais. L’appareil biofeedback va enregistrer le tonus et le mouvement musculaire, puis le représenter sur l'écran de l’ordinateur. Cela à un double intérêt :

 

  1. la patiente voit ce qu’elle fait ;
  2. le(la) thérapeute contrôle ce qu’elle fait.
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Déroulé de l'examen

Par ailleurs, le(la) thérapeute fait, en début de séance, un tarage. Il s’agit de contrôler la capacité contractile du périnée profond de la patiente et de mesurer sa contraction maximale. Il(elle) mesure le tonus au repos mais aussi la contraction maximale. Si la patiente ne relâche pas son périnée profond ou n’est pas consciente de son périnée, son tonus de repos vaginal sera de 2 microvolts, ce qui est normal. Si elle a un vagin hyper tonique, le tonus de repos peut monter à 5 microvolts, voire plus. Ainsi, au début, le travail de rééducation périnéal sera de réduire au maximum le tonus de base, pour atteindre environ 2 microvolts.

 

Le biofeedback peut être visuel, auditif ou les deux, ce qui est important pour les personnes malvoyantes. Il peut aussi être positif. Dans ce cas, le(la) praticien(ne) peut demander à la patiente une contraction et varier celles-ci afin d’éviter que la patiente sache à quel moment contracter. En effet, l'intérêt d’un biofeedback positif est de varier à chaque séance, et au cours de la séance, les courbes que le(la) thérapeute va lui demander de suivre.

 

Lorsque la patiente souffre d’une hypertonie périnéale, le(la) praticien(ne) effectuera un biofeedback du périnée négatif. Lorsque c'est nécessaire, il est important de soigner l’hypertonie du pubo-rectal, car elle cravate le canal anal et est responsable des constipations.

 

Dans ce cas, il est peut-être pertinent d’apprendre à la patiente à relâcher ce pubo-rectal. Ce travail peut être également effectué en prepartum. En effet, même s'il ne renforce pas le muscle transverse profond du périnée en cas d’incontinence urinaire au premier trimestre, cela lui apprend à le contracter légèrement et le relâcher afin de laisser passer tranquillement la tête du bébe au moment de l’accouchement.

 

Il est, par ailleurs, très important lors de la prise de conscience ainsi que lors de l'évaluation de la contraction maximal, de jouer sur le pourcentage et le travail de cette contraction. On travaille alors la force, l’endurance ou la résistance.

 

Grâce aux nouveaux outils, il est possible d’obtenir un enregistrement de toutes les courbes ainsi qu’un historique. Cela permet de voir les progrès de la patiente et de communiquer avec les prescripteurs. Il n’est plus nécessaire de faire un résumé de deux pages sur le travail, il suffit d'envoyer la fiche avec les différentes courbes. Cette dernière contient toutes les informations utiles.

 

Attention cependant, la présence du(de la) thérapeute est indispensable durant un biofeedback. En effet, des études montrent qu’une patiente laissée seule sur une table médicale avec le biofeedback obtient de moins bon résultat qu’une patiente ayant été guidée, encouragée, accompagnée par le(la) kiné.

Bon à savoir

Pour tout savoir sur l’anatomie du périnée et le rôle du kiné dans la rééducation périnéale, lisez nos articles sur le sujet.

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Le rôle du kiné en rééducation périnéale

Découvrez tout de l'accompagnement de vos patientes en rééducation périnéale.

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Le travail à domicile de la patiente

 Le kiné périnéale à domicile de la patiente peut se faire de plusieurs manières :

 

  • avec des sondes connectées, aussi appelées sondes de rééducation périnéale biofeedback ;
  • avec des outils, comme les boules de geisha, ou des perles.

 

Pour un vagin encore un peu lâche, il convient de prendre une boule grosse et légère. Plus le vagin se resserre, plus il faudra utiliser des boules petites et lourdes.

 

Comment utiliser les boules de geisha dans le cadre de la rééducation périnéale à domicile ? Tout d’abord, il faut insérer la boule dans le vagin, en laissant sortir la tige.  Ensuite, il faut contracter pour aspirer la masse que représente la boule. Il est aussi possible de marcher avec, de s’accroupir ou encore de sauter. Pour obtenir des résultats prometteurs, il est préférable de faire des séries de contraction et de laisser la masse lorsque le périnée est relâché.

 

Il s’agit d’un outil particulièrement intéressant pour effectuer un biofeedback négatif. En effet, le poids de la masse va tirer sur le périnée et donc faire ressentir le relâchement de celui-ci. À chaque phase de décontraction, il faut aller jusqu’au bout, sans craindre de la faire tomber. Si cela venait à arriver, il suffit de nettoyer la boule et de la réinsérer dans le vagin.

 

Attention, durant un temps, il était recommandé de garder l’outil dans son vagin toute la journée et de faire les tâches du quotidien avec (cuisine, courses, ménage…). Autrement dit, un travail en dynamique et en statique. Or, on s’est aperçu qu’à la longue, l’utilisation des boules de geisha de cette façon abimait le périnée superficiel. Garder les boules sans faire des séries de contraction avait pour conséquence un étirement des fibres. Il est donc déconseillé de choisir cette pratique. La meilleure manière d’utiliser cet outil est de faire un travail de contraction dynamique.

 

Autre moyen de faire un travail de rééducation à domicile : la periform. Il s’agit d’une sonde pouvant être utilisée comme biofeedback. La patiente doit la placer dans le vagin et laisser l'antenne à l'extérieur. À chaque fois qu’elle contracte le périnée, l'antenne bouge. On sera donc certain d’avoir une bonne contraction. Si elle fait une inversion de commande, la sonde sortira. Ce travail se fait aussi pour les prolapsus et pas uniquement pour l’incontinence urinaire d’effort.

 

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La rééducation périnéo-sphinctérienne féminine

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