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Kinésithérapeute

Techniques de kiné pour désencombrer le patient BPCO

Les techniques de kinésithérapie respiratoire pour désencombrer le patient BPCO

Alphonse Doutriaux

Co-fondateur de Walter

|

Kinésithérapeute, en tant que professionnel paramédical, vous êtes amené à pratiquer de la kiné respiratoire avec vos patients atteints d’affections respiratoires chroniques. La BPCO en fait partie. L’objectif de vos interventions est, certes, d’éduquer le patient, mais aussi de l’aider à désencombrer les bronches. Découvrez comment vous pouvez soutenir les malades et améliorer leur quotidien grâce aux différentes techniques respiratoires qui désencombrent les poumons du patient BPCO. 

L'AFE : Augmentation du Flux Expiratoire

L’AFE (Augmentation du Flux Expiratoire) est une technique française de drainage bronchique, appliquée dans le cadre d'une prise en charge de type kiné respiratoire BPCO. Selon J. Wils, l'AFE est définie comme « une expiration, active ou passive, à plus ou moins haut volume pulmonaire, et dont la force, la longueur et la vitesse peuvent varier pour trouver le débit optimal nécessaire au désencombrement pulmonaire ».

Bon à savoir

Si l’encombrement respiratoire se situe dans les hautes bronches, il est préférable de commencer à haut volume pulmonaire. Vous obtiendrez un mouvement de chasse plus important. Mais débuter à haut volume pulmonaire sollicite la pression de rétraction élastique pulmonaire, et tend à augmenter le calibre des bronches.

Concernant la variation de la vitesse et de la longueur, il s’agit d’accrocher la sécrétion pour la faire évoluer dans une voie bronchique accessible à la toux. Lorsque vous réussissez à accrocher la sécrétion, vous avez une dynamisation. C’est facilement perceptible grâce aux variations sonores : on passe d’un crépitement à un graillonnement. Cette évolution sonore s’explique par le fait que les sécrétions remontent dans l’arbre bronchique et peuvent s’agglomérer entre elles. Dans le meilleur des cas, elles vont être évacuées seules, grâce à la toux du patient BPCO.

 

Lors de votre formation kiné BPCO avec Walter Santé, vous découvrez en profondeur la technique de l’AFE. Car, pour arriver à ce résultat, il faut que le geste soit bien fait. Un indice de sa bonne réalisation est l'évolution de la tonalité, qui passe du grave à l’aigu. Cette évolution sonore signifie que, en utilisant la compression dynamique bronchique, vous diminuez le calibre des bronches et augmentez donc la vitesse du flux. L’augmentation de la vitesse permet de décrocher plus facilement les sécrétions et de les transporter vers l’extérieur.

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Il existe 2 types d’AFE :

 

  • une expiration lente et prolongée, ou AFE lente, avec un débit expiratoire supérieur au débit spontané, pour le désencombrement des voies aériennes périphériques ;
  • une expiration plus dynamique, après une expiration ample (ou AFE rapide), pour désobstruer les grosses bronches.

En tant que kinésithérapeute formé, vous pouvez utiliser toutes les variations imaginables entre ces deux extrêmes, et offrir à vos patients le geste dont ils ont besoin.

Les autres techniques de désencombrement

D’autres techniques ont été décrites pour faciliter le désencombrement et amoindrir la dyspnée du patient BPCO. L’une d’entre elles est le drainage autogène, décrite initialement par Chevalier pour les enfants atteints de mucoviscidose. 

 

Cette technique repose sur les mêmes principes que l’AFE, mais il codifie avec précision les mouvements à enchaîner. Ainsi, 3 périodes de 4 ou 5 exercices se succèdent :

 

  • le décollement des sécrétions grâce à une expiration dynamique, à bas volume pulmonaire ;
  • la collection des sécrétions, grâce à une expiration dynamique à petit ou moyen volume ;
  • l’évacuation des sécrétions, avec une expiration dynamique à haut volume.

Ainsi, le drainage bronchique est séquencé. Cette technique demande à la personne malade de balayer la totalité du spectre de sa respiration, pour procéder à une vraie toilette bronchique. Grâce à ces exercices, elle peut s’autonomiser.

Important

Cette technique est-elle bien adaptée aux patients BPCO ? En tant que professionnel, il vous revient d’évaluer la situation. Souvenez-vous que les patients BPCO sont beaucoup plus fatigués (et fatigables) que les enfants atteints de mucoviscidose.

Une autre technique s’appelle l’expiration lente, glotte ouverte, décrite par Postiaux. Elle place le patient en position décubitus latérale (ou infralatérale déclive), sur le côté à désencombrer. D’après son auteur, le fait de positionner le poumon plein en déclive facilite la déflation et la compression des voies aériennes. Cette méthode se rapproche de l’AFE lente. 

 

Quel impact cette méthode peut-elle avoir sur les patients BPCO ? Étant donné que les tissus sont très affaiblis, il y a un risque de complication, car le poids d’un poumon sur l’autre pourrait entraîner des fermetures, surtout en travaillant à bas volume pulmonaire.

 

Une troisième technique consiste en une expiration lente prolongée. La bouche n’est plus ouverte et on sollicite une expiration avec la bouche entrouverte, pour :

 

  • éviter le collapsus ;
  • étirer l’expiration le plus loin possible.

Le choix de l’une ou l’autre technique doit générer une seule question chez vous, kinés : « Quelle intensité dois-je mettre pour générer de la compression dynamique sans créer de collapsus bronchique ? ». Si les bronches sont en bon état, vous pouvez les compresser alors que, pour des patients BPCO aux bronches abîmées, toute compression peut avoir un effet néfaste et aboutir, dans le pire des cas, à une fermeture bronchique.

 

L'objectif de l’ensemble de ces techniques est d’arriver à un compromis permettant d’obtenir une augmentation du débit expiratoire et de mobiliser les sécrétions, sans créer de collapsus.

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La méthodologie des techniques de désencombrement

Le rôle du kiné dans la prise en charge du patient BPCO est de diminuer l’encombrement bronchique, mais aussi de l’autonomiser dans le suivi de son traitement. Le professionnel qui choisit de mettre en place une technique doit être capable de :

 

  • définir cette technique ;
  • citer les éléments qui rendent le geste impossible ;
  • décrire le séquençage du geste ; 
  • expliquer les raisons du choix de la position du patient ; 
  • exprimer les consignes adaptées au patient, pour qu’il ne se braque pas ;
  • décrire où ses mains seront positionnées ;
  • vérifier l’efficacité de l’exercice choisi ;
  • évaluer les résultats en fin de séance.

Important

Gardez en tête qu’un geste mal fait, ou avec une trop grande force peut avoir des conséquences délétères sur les bronches du patient ou sur ses côtes.

Au cours de l’exercice, vous pouvez favoriser la participation du patient et sa bonne compréhension en lui demandant de positionner ses propres mains à la place des vôtres. Il apprend ainsi, avec vous, à maîtriser ce geste en fonction des bruits et des sensations qu’il perçoit. 

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La posologie pour les patients BPCO reste légère, car elle est très fatigante pour eux. Rappelez-vous que, étant donné le niveau d’encombrement bronchique des patients BPCO, un léger nettoyage peut déjà les soulager. Le patient doit rester tonique en fin de séance. Pour cela, ne pratiquez pas de désencombrement à tout prix. Votre objectif reste l’apport d’oxygène et la facilitation de l’expiration du malade. Donc, pour une séance de kinésithérapie respiratoire efficace et bienveillante, comptez en moyenne 10 minutes de pratique. Si vous souhaitez vous former aux techniques et connaissances spécifiques à la BPCO, inscrivez-vous en formation DPC kiné avec Walter Santé.

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