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L'AVC ischémique

L'AVC ischémique : définition, étiologie et facteurs de risque

Alphonse Doutriaux

Co-fondateur de Walter

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L’accident vasculaire cérébral (AVC), aussi appelé infarctus cérébral, représente la troisième cause de mortalité après les cancers et les infarctus. L’AVC ischémique représente 80% des accidents vasculaires cérébraux. Mais qu’est-ce qu’un AVC ischémique ? Quels sont les signes d’alerte et les traitements envisageables ? Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur ce type d’AVC. 

Définition

L’accident vasculaire cérébral ischémique est le plus fréquent des AVC. Il correspond à la mort du tissu cérébral (infarctus cérébral). Ils surviennent suite à une obstruction ou une sténose d'une artère cérébrale causée par un caillot sanguin ou une plaque d'athérome

 

Concrètement, cela provoque une baisse ou un arrêt total du débit sanguin, qui a pour conséquence de réduire partiellement ou totalement l'approvisionnement en dioxygène et en glucose du cerveau. 

 

Si l'AVC dure moins d'une heure, on parle d'Accident Ischémique Transitoire (AIT). Dans ce cas, il n'y a, généralement, pas de conséquences graves pour le patient. En revanche, si l'AVC dure plus d'une heure, on parle d'Accident Ischémique Constitué (AIC). Ce type d’AVC engendre une nécrose du tissu cérébral, donc des conséquences irrémédiables.

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Étiologie

On distingue trois grandes étiologies pour les AVC ischémiques

 

  • la thrombose cérébrale qui correspond à 50% des cas : dans ce cas, des artères cérébrales endommagées sont obstruées par un caillot ou une plaque d'athérome. Selon la taille de l'artère touchée, on parle de thrombose cérébrale des grands vaisseaux ou de thrombose cérébrale des petits vaisseaux ;
  • l'embolie cérébrale : cette étiologie correspond à l'obstruction des artères cérébrales par un caillot ou un athérome venant d'une autre partie du corps, le plus souvent le cœur ;
  • la dissection artérielle, qui est l’étiologie la plus fréquente chez les individus de moins de 45 ans : elle survient après un traumatisme mineur ou spontanément, à la suite de la formation d'un hématome dans la paroi artérielle.

Signes d'alerte

Six signes d’AVC ischémique peuvent alerter :

 

  • un déficit moteur : cela peut être une paralysie du visage par exemple ;
  • une perte de sensibilité ;
  • une difficulté à parler ou comprendre ;
  • un trouble visuel soudain ;
  • un trouble soudain de la marche ou de l'équilibre ou un manque de coordination ;
  • des maux de tête violents et intenses.

Bon à savoir

Afin de retenir facilement ces signes d’alerte, il existe une acronyme que l’on appelle “VITE” : 

  • V pour paralysie du Visage ;
  • I pour Incapacité de l'hémicorps ;
  • T pour Trouble soudain de la parole ;
  • E pour Extrême urgence.

Tableau clinique

Ce sont les localisations de l'AVC qui déterminent l'établissement du tableau clinique. 

 

Au niveau hémisphérique, si l'hémisphère droit est touché, les conséquences sont les suivantes : 

 

  • une possibilité de déficit sensitivo-moteur de la partie gauche du corps ;
  • une déviation du regard à droite ;
  • une hémiasomatognosie ;
  • une héminégligence spatiale gauche ;
  • une anosognosie ;
  • une impulsivité ou surestimation des habiletés ;
  • un syndrome confusionnel.

Toujours au niveau hémisphérique, si l'hémisphère gauche est touché, les conséquences sont les suivantes : 

 

  • un déficit sensitivo-moteur de la partie gauche du corps ;
  • une déviation du regard à gauche ;
  • une hémiasomatognosie ;
  • une héminégligence spatiale droite ;
  • une aphasie ;
  • une alexie ;
  • une agraphie ;
  • une apraxie : pour en savoir plus sur les troubles praxiques après un AVC, lisez notre article sur le sujet ;
  • un comportement lent et prudent.

En fonction des artères cérébrales touchées, les conséquences divergent. Si l’artère ophtalmique est touchée, cela peut entraîner :

 

  • une cécité monoculaire homolatérale artère cérébrale antérieure : c’est un déficit moteur controlatéral à prédominance crurale ;
  • une incontinence ;
  • un syndrome frontal : soit de la désinhibition ou de l’inhibition ;
  • une artère cérébrale moyenne superficielle : c’est un déficit moteur controlatéral ;
  • une prédominance brachiofaciale ;
  • une déviation du regard controlatéral ;
  • une héminégligence ou aphasie artère cérébrale profonde : c’est une hémiplégie proportionnelle ;
  • une possibilité de dysarthrie ;
  • un syndrome extrapyramidal infarctus total de l'artère cérébrale moyenne : au début, il s’agit d’un trouble de la vigilance ;
  • un déficit sensitivo-moteur ;
  • une déviation oculo-céphalique vers la lésion ;
  • une aphasie globale aussi appelée syndrome de l'hémisphère mineur : il s’agit de l’un des cas les plus graves d'AVC.

Dans le cas où l'artère cérébrale postérieure superficielle est atteinte, l’AVC ischémiques peut engendrer les séquelles suivantes :

 

  • une hémianopsie latérale homonyme (HLH) ;
  • une cécité corticale artère cérébrale postérieure profonde : il s’agit d’un déficit sensoriel ; 
  • une hémianesthésie controlatérale à tous les modes territoire vertébro-basilaire, entraînant un syndrome cérébelleux, un syndrome alterne, un locked-in-syndrome, coma ainsi qu’un trouble de la conscience. Cela se vérifie surtout pour les droitiers, alors que la répartition peut être différente pour les gauchers.
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Facteurs de risque

Il existe différents facteurs de risque pour l'AVC ischémique :

 

  • l'hypertension artérielle - HTA : il s’agit du principal facteur de risque. Pour prévenir l'hypertension artérielle, il faut maintenir une TA à moins de 140/90 mmHG pour les patients normaux, moins de 130/80 mmHG pour les patients diabétiques ou souffrant d'une insuffisance rénale chronique ;
  • le tabagisme : cela dépend du nombre de cigarettes fumées. Celui-ci disparaît après 5 ans d'arrêt ;
  • la sédentarité : une activité physique de 30 à 60 minutes par jour, 4 à 5 fois par semaine, diminue de 30% le risque d'AVC ;
  • le diabète
  • l'obésité : il convient de maintenir un IMC de 18,5 à 24,9 kg/m². 

On peut également citer, parmi les facteurs de risque d’AVC, la dyslipidémie, l'alcool, des causes cardiaques, la sténose carotidienne, la contraception oestrogène-progestatif, la détresse psychosociale et la dépression.

Traitement

Il existe différentes prises en charge de l’AVC ischémique que le médecin peut proposer aux patients. Ceux-ci peuvent potentiellement modifier le pronostic du patient. 

 

Concernant les AVC ischémiques, la thrombolyse fait partie des traitements prescrits. Il s’agit de l’administration par voie intraveineuse d'un médicament capable de détruire le caillot, au plus tard, 4h30 après les premiers symptômes (3 heures pour les patients de plus de 80 ans). 

 

Cependant, la thrombolyse présente un fort risque de créer une hémorragie. C’est pourquoi il existe de nombreuses contre-indications, par exemple : 

 

  • si l'heure de l'AVC n'est pas connue ; 
  • en cas d'épilepsie ; 
  • en cas de traumatisme crânien récent ; 
  • en cas de risque hémorragique préexistant ; 
  • etc. 

La thrombectomie est un autre traitement prescrit en cas d’AVC. Il s’agit d’une chirurgie ayant pour objectif d'extraire le caillot. Elle peut être effectuée jusqu'à 6h après les premiers symptômes. C'est une alternative intéressante pour les patients ne pouvant pas subir une thrombolyse. 

 

Dans un deuxième temps, et si cela est nécessaire, de la kinésithérapie peut être prescrite. La kiné après un AVC permet de gérer les séquelles d’ordre fonctionnel et motrice. Pour en savoir plus sur le rôle du kiné après un AVC, nous vous conseillons de lire notre article sur le sujet. 

Bon à savoir

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