blog

Santé

Kinésithérapeute

Évaluer la douleur du patient post AVC

AVC : évaluation de la douleur du patient

Alphonse Doutriaux

Co-fondateur de Walter

|

Ressentir des douleurs après un AVC est une chose courante. Il existe plusieurs types de douleurs, comme des douleurs d'épaule, des douleurs dues à une crispation involontaire des muscles ou encore des douleurs neuropathiques… Ces dernières douleurs doivent faire l’objet d’une évaluation. Pour cela, plusieurs méthodes et outils sont utilisés. Découvrez comment évaluer la douleur du patient post-AVC. 

La douleur après un AVC

La douleur est définie par l’association internationale de l'étude de la douleur comme “l’expression d’une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle qui provoque des réactions motrices et végétatives protectrices, conduisant à la modification du comportement de l’individu”. C’est un symptôme très fréquent chez les patients victimes d’AVC, qui peut résulter de différentes causes. 

 

Après un accident vasculaire cérébral, plusieurs types de douleurs peuvent survenir, dont les suivantes : 

 

  • des douleurs d'épaule aussi appelée algoneurodystrophie ;
  • des douleurs dues à une crispation involontaire des muscles, ou spasticité
  • des douleurs neuropathiques, aussi appelées syndrome douloureux régional complexe, se traduisent souvent par des sensations de brûlures ou de fourmillements ; 
  • une musculo-squelettique.

Les douleurs d'épaules après un AVC sont souvent assimilées au syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC) aussi appelé syndrome épaule-main. Elles concernent 2 à 50 % des patients victimes d'un AVC. Certains facteurs de risques favorisent la survenue de ce type de douleurs, comme la subluxation de l'épaule ou des lésions neuro-anatomiques. 

 

Les SDRC de type 1 peuvent être corrélées avec l'apparition d'autres troubles, comme les troubles sensitifs ou les allodynies.

Maîtrisez la prise en charge de l'AVC

Notre formation complète sur l’Accident Vasculaire Cérébral en kinésithérapie : examen clinique, outils de mesure, principales techniques de rééducation en fonction du type d’AVC, approche pluridisciplinaire.

Découvrir la formation
img test

Les symptômes cliniques du SDRC sont les suivants :

 

  • une sensation de brûlure ;
  • une sensation de chaleur et un oedème ;
  • des rougeurs ;
  • une hyperesthésie cutanée ;
  • des modifications trophiques de la peau, au poignet et de la main ;
  • une limitation des amplitudes articulaires.

L'impact du SDRC touche : 

 

  • la qualité de vie ;
  • la fonction du membre supérieur ;
  • la déambulation ; 
  • le pronostic de récupération du membre supérieur.

Les douleurs de l'épaule surviennent généralement durant le premier mois après l'AVC. Un patient atteint d’une hypoesthésie, de troubles de sensibilité qui surviennent sur l'hémicorps ou d’une hémiparésie gauche, a plus de risques de faire un SDRC et que celui-ci se déclenche lors du premier mois après l’AVC. Aucune recommandation concernant le syndrome douloureux régional complexe ne peut être proposée pour prévenir ce type de douleur. 

Important

L’aphasie est l’une des conséquences de l’AVC. Elle désigne la perte partielle ou totale de la faculté de s'exprimer et de comprendre le langage écrit ou parlé. Pour tout savoir sur les troubles phasiques après un AVC, nous vous invitons à lire notre article sur le sujet.  

Les douleurs neuropathiques sont causées par une lésion ou une maladie du système somatosensoriel. Il s’agit de douleurs chroniques et invalidantes, généralement de forte intensité. Elles peuvent être spontanées ou provoquées, et peuvent se manifester par une réponse extrême à un stimulus ou une réponse douloureuse à un stimulus normal.

 

Près de 10 % des patients souffrent de douleurs neuropathiques après un AVC. Les patients avec des lésions somesthésiques ont 50 % de risques de développer des douleurs neuropathiques qui se manifestent lors du premier mois après l'accident vasculaire cérébral.

 

Cliniquement, il est courant de retrouver dans les douleurs neuropathiques des picotements, des engourdissements et des sensations d'aiguilles.

 

Il existe des facteurs augmentant le risque de douleurs neuropathiques après un AVC, comme :

 

  • la sévérité de l’AVC,
  • le fait d’être une femme,
  • la consommation d’alcool,
  • les antécédents de dépression,
  • la consommation de statine,
  • des taux élevés de lipides,
  • le diabète,
  • les maladies vasculaires périphériques.

Concernant plus spécifiquement les douleurs neuropathiques périphériques, le diabète de type 2 et le tabagisme sont des facteurs prédictifs de douleurs neuropathiques périphériques.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur la kiné après un AVC ? Lisez notre article sur le rôle du kiné dans la rééducation post-AVC

Maîtrisez la prise en charge de l'AVC

Notre formation complète sur l’Accident Vasculaire Cérébral en kinésithérapie : examen clinique, outils de mesure, principales techniques de rééducation en fonction du type d’AVC, approche pluridisciplinaire.

Découvrir la formation
img test

L'évaluation de la douleur

Pour l'évaluation des douleurs neuropathiques, ou syndrome douloureux régional complexe, il est possible d’utiliser des questionnaires DN4 propres aux douleurs neuropathiques et constitués de 4 questions et 10 items. 

 

Le diagnostic est positif pour une douleur neuropathique si le score est supérieur à 4/10. Il est aussi envisageable de procéder à une auto-évaluation des douleurs aigües et chroniques grâce à une Échelle Visuelle Analogique (EVA). 

 

Pour les patients non communicants, le personnel soignant utilise une échelle ALGOPLUS. Il s'agit d'observer le visage, le regard, les plaintes, le corps et le comportement du patient et de remplir le test. 

Bon à savoir

Si le score est supérieur à 2/5, le diagnostic est positif. L'échelle DOLOPLUS est une échelle complémentaire à l'ALGOPLUS que l'on utilise si l'on a des doutes sur un résultat ALGOPLUS négatif.

Une fois la douleur de l’AVC évaluée, des traitements sont envisagés, parmi eux : 

 

  • des antidépresseurs tricycliques, comme l’amitriptyline ; 
  • des anticonvulsivants, par exemple du gabapentine ou du prégabaline : ce sont des médicaments couramment utilisés dans le traitement des neuropathies associées à différentes pathologies, comme le diabète de type 2, le cancer ou encore la sclérose en plaques ;
  • de la lamotrigine ou la gabapentine, qui sont deux anti-épileptiques : ce sont des traitements de second choix.

Vous souhaitez suivre une formation DPC kiné ? Ne cherchez plus. Walter Santé propose une formation de kiné en ligne. Cette formation AVC vous donnera toutes les clés pour rééduquer au mieux vos patients. 

Maîtrisez la prise en charge de l'AVC

Notre formation complète sur l’Accident Vasculaire Cérébral en kinésithérapie : examen clinique, outils de mesure, principales techniques de rééducation en fonction du type d’AVC, approche pluridisciplinaire.

Découvrir la formation
img test

Sur le même thème

Le DPC kiné : tout ce qu'il faut savoir

Alphonse Doutriaux

|

18 Juin 2021

Les kinésithérapeutes sont soumis, comme les autres professionnels de santé, au Développement Professionnel Continu (DPC) depuis le 1er janvier 2013. Comment valider son obligaton triennale de formation ? Comment faire le choix d'une formation DPC kiné ? Nous vous détaillons tout.

Lire l'article

L'AVC ischémique : définition, étiologie et facteurs de risque

Alphonse Doutriaux

|

29 Août 2022

L’accident vasculaire cérébral (AVC), aussi appelé infarctus cérébral, représente la troisième cause de mortalité après les cancers et les infarctus. L’AVC ischémique représente 80% des accidents vasculaires cérébraux. Mais qu’est-ce qu’un AVC ischémique ? Quels sont les signes d’alerte et les traitements envisageables ? Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur ce type d’AVC. 

Lire l'article

Le rôle du kiné dans la prise en charge de la bronchiolite du nourrisson

Alphonse Doutriaux

|

4 Juillet 2022

La bronchiolite du nourrisson touche environ 30 % des enfants de moins de 1 an chaque année en France. Hospitalisations, surinfections… la bronchiolite du nouveau-né est un véritable problème de santé publique. La kinésithérapie respiratoire intervient dans un cadre défini par les recommandations de l’HAS de 2019 dans lequel elle est recommandée dans certaines situations. Le rôle du kiné dans la prise en charge de la bronchiolite du nourrisson passe par la pratique technique, le diagnostic kinésithérapique, mais aussi par l’éducation des parents à la santé afin de converger vers une amélioration de la qualité de vie de l’enfant durant cet épisode bronchique.

Lire l'article

Kiné : comment évaluer la dyspnée du patient BPCO ?

Alphonse Doutriaux

|

22 Août 2022

Pour les patients atteints de difficultés respiratoires, et particulièrement les malades BPCO, la dyspnée peut être quotidienne. Elle se définit par un essoufflement ressenti à différents stades de l’effort. La respiration devient difficile et le geste inconfortable. Elle peut avoir différents stades et dépend de l’état de santé de la personne suivie. Vous souhaitez accompagner au mieux vos patients ? Découvrez la définition de la dyspnée et les outils pour l’évaluer lors d’un accompagnement en kiné respiratoire.

Lire l'article