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L'infection HPV à bas risque

Quelles sont les conséquences d'une infection HPV à bas risque ?

Thomas Cornet

Fondateur de Walter

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Le dépistage d’un HPV peut être bénin comme très sérieux. La complexité du papillomavirus réside dans le fait qu’il peut soit être éliminé par l’individu s’il s’agit d’un HPV de bas risque, soit engendrer des lésions précancéreuses, voire un cancer, s’il est classé haut risque. Dans cet article, nous aidons les professionnels de santé à définir le papillomavirus, IST particulièrement répandue. Nous évoquons ses conséquences, et vous expliquons également ce qui différencie une infection HPV de bas risque d’une infection HPV de haut risque, afin de guider au mieux vos patientes.

Les différents types de HPV

Le papillomavirus humain est un virus à ADN. Génome de petite taille d’environ 8000 paires de bases, il a la particularité d’être transmis sur un mode interhumain direct, essentiellement par voie sexuelle. La contamination indirecte reste possible, par le biais d’objets souillés notamment. On détecte le papillomavirus par dépistage ; il fait globalement partie des infections sexuellement transmissibles.

 

On compte aujourd’hui jusqu’à 150 types d’HPV différents. Il existe deux grandes familles de papillomavirus humain : ceux de bas risque, qui ne représente pas un danger pour l’Homme et n’expose pas à un risque de cancer réel, et ceux de haut risque. Ces derniers portent en eux les outils de la transformation cellulaire et peuvent donc induire des modifications de la cellule, provoquer des transformations cellulaires épithéliales, et favoriser l’apparition de lésions précancéreuses, voire de cancer. Le dépistage du HPV ainsi que sa classification se révèlent donc déterminants puisqu’en fonction du type identifié, le suivi ne sera pas le même.

Bon à savoir

La majorité des femmes qui présenteront un test HPV positif éliminera le virus et ne développera aucune lésion précancéreuse. Les résultats de dépistages du papillomavirus chez les femmes montrent que l’infection de bas risque les touche quasiment toutes.

Lorsque l’on effectue un test HPV à partir d’un PCU, on recherche en réalité la présence d’HPV de haut risque, qui compte 15 sous-types à l’origine de lésions précancéreuses et du cancer du col de l’utérus.

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Différence entre HPV à haut risque et à bas risque

Un test HPV positif est classé en haut ou bas risque en fonction du risque relatif (RR) démontré pour la survenue du cancer. Si l’intervalle de confiance pour le RR ne contient pas 1, il s’agira d’un dépistage de HPV de haut risque, et inversement. Selon le sous-type d’HPV, le risque pour une patiente de développer une lésion précancéreuse ou un cancer va varier. C’est l’augmentation des chances pour une patiente de faire un cancer qui déterminera la classification épidémiologique.

Exemple

À titre d’exemple, une patiente porteuse du HPV 16 aurait environ 280 fois plus de chances de développer une lésion précancéreuse ou un cancer qu’une patiente porteuse d’un autre HPV. Dans le cas d’un dépistage de papillomavirus 18, le risque est multiplié par 220.

C’est pourquoi le 16 et le 18 sont classés parmi les HPV de haut risque. Ils augmentent de manière significative le risque de lésion précancéreuse ou de cancer. Les HPV de bas risque, eux, n’augmentent pas ce risque. Pour rassurer vos patientes, il est primordial de comprendre cette différence de classement. L’infection au papillomavirus elle-même ne génère pas de cancer du col de l’utérus ; c’est en réalité l’incapacité du sujet à éliminer le virus et la persistance de l’infection dans le temps qui s’avère néfaste et débouche sur un cancer.

 

Pour infecter un individu, les deux outils de transformation cellulaire du virus HPV de haut risque (les gènes codants des oncoprotéines E6 et E7) doivent pénétrer les cellules basales de l’épithélium du tractus génital. Celles-ci sont le plus souvent accessibles au niveau de la jonction pavimento-cylindrique. Cette pénétration du virus peut induire des modifications cellulaires qui vont s’installer sur la durée. Si le virus ne parvient pas à pénétrer la lame basale, il sera éliminé naturellement. Il s’agit des HPV de bas risque.

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Les conséquences du HPV

Selon les résultats d’un dépistage HPV et le type de papillomavirus détecté, les impacts sur les patientes diffèrent. Le HPV de bas risque (LR HPV), comme le 6 ou le 11, n’induira pas de transformation cellulaire. Il s’agit d’une infection fréquente, le plus souvent transitoire et sans conséquence clinique. Les signes de papillomavirus à bas risque peuvent être des pathologies bénignes comme les condylomes acuminés ou les condylomatoses. Ainsi, si vous faites face à ce type d’infections, il vous faudra planifier un dépistage pour le papillomavirus. Ces virus de type génital sexuellement transmissibles sont sans gravité, bien que désagréables à vivre pour les personnes concernées. Un traitement contre les HPV 6 et 11 peut être mis en place pour permettre aux patients de les éliminer.

 

À l’inverse, comme évoqué précédemment, les modifications induites par le HPV de haut risque sont à l’origine du cancer du col de l’utérus, mais pas uniquement. Elles peuvent générer d’autres pathologies. Les cancers de la vulve et du vagin pour la femme font aussi partie des dangers, tout comme celui de la verge pour l’homme. Les cancers de l’oropharynx et de l’anus sont par ailleurs un risque pour les deux sexes. Pour dépister des lésions précancéreuses, une colposcopie vaginale sera indiquée. 

Bon à savoir

On compte aujourd’hui une quinzaine de HPV de haut risque, dont les deux principaux sont le 16 et le 18. Selon le type de HPV, de bas risque ou de haut risque, vous pouvez rencontrer soit une infection pouvant induire un cancer, soit une infection banale, sans conséquences parce que transitoire.

C’est ici tout le paradoxe du HPV. Le dépistage d’un papillomavirus chez une femme est générateur d’un grand stress, encore plus si le résultat du test HPV est positif. Elle souhaitera comprendre de quoi il s’agit, comment elle a contracté le virus, quels sont les risques et à quel point elle est contagieuse. La patiente doit alors pouvoir compter sur votre pédagogie. Rappelez-lui que la contamination n’a pas de rapport avec le type de pratique sexuelle. Pour développer vos compétences sur le sujet, Walter Learning propose une formation HPV dédiée aux professionnels de santé.

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