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Syncope réflexe

Qu'est-ce qu'une syncope réflexe ?

Thomas Cornet

Fondateur de Walter

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La syncope réflexe, correspondant à une forme particulière de perte de connaissance, est un motif de consultation très fréquent. C’est pourquoi, il peut être utile d’obtenir plus de détails sur les causes de la syncope réflexe, afin de pouvoir différencier les cas qui se présentent à vous en tant que professionnel(le) de santé.


Voici quelques éléments qui vous permettront de mieux comprendre ce qu’est la syncope réflexe et sa cause possible. Nous vous parlerons notamment de la syncope vagale, l’une des grandes causes des syncopes réflexes.

La syncope réflexe : définition

La syncope réflexe est un symptôme qui qualifie une perte de connaissance brève mais brutale. Complètement bégnine, elle concerne malgré tout près de 70% des syncopes, soit la majorité des cas de syncopes. 
Les patients auront tendance à qualifier ce phénomène de "malaise", mais il convient de demander des précisions afin de déterminer la nature exacte de cette syncope.


Avant de définir la syncope réflexe, il convient d'effectuer un rappel sur le réflexe en tant que tel. Lorsque nous pratiquons une activité (la lecture de cet article, par exemple), une série de réflexes se produisent afin d'assurer, grâce au système nerveux automne, la fréquence cardiaque et la tension artérielle (c’est-à-dire le débit sanguin cérébral) adaptées à cette activité. 

 

Que se passe-t-il alors lorsque survient une syncope réflexe ou une perte de connaissance rapide mais spontanément résolutive ? Il s’agit en réalité d’un dysfonctionnement des systèmes de régulation du débit sanguin cérébral. C’est ce qui conduit généralement à la perte de connaissance momentanée. 


Il existe différentes syncopes réflexes :

  • les syncopes vagales ou vasovagales ;
  • les syncopes situationnelles ;
  • les syncopes par hyper-réflexie sino-carotidienne ;
  • les syncopes atypiques.

La syncope réflexe la plus fréquente est la syncope vagale ou vasovagale. Nous vous invitons également à découvrir nos articles sur la syncope par hypotension orthostatique et sur la syncope cardiaque pour compléter le propos.

 

Approfondissez vos connaissances sur les syncopes en suivant la formation Pertes de connaissances de Walter Santé, une formation éligible au financement DPC et dispensée par le Professeur Jean-Claude Deharo, Secrétaire Général de la Société Française de Cardiologie.

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Les syncopes vasovagales

Qu'est-ce que la syncope vasovagale ? D'abord, un mot sur l’étymologie du mot "vasovagal" : composé de deux parties, le mot « vasovagal » met en évidence la partie efférente vasodépressive d’origine sympathique du réflexe (vaso-) et la part cardio-inhibitrice (-vagale).


Concrètement, la syncope vagale ou vasovagale survient lors de l’apparition d’un stimulus nociceptif (stress physique ou émotionnel). Elle est généralement diagnostiquée si des événements précipitants tels qu’une douleur intense, une émotion, une exploration instrumentale ou une station debout prolongée sont associés à des prodromes typiques.


Elle a également plus de chances de survenir lorsqu’on se trouve en position verticale. En effet, dans la position debout, il est nécessaire d’avoir un bon débit cardiaque pour assurer le transport du sang jusqu’au cerveau ainsi que des bonnes résistances vasculaires.


Cependant, lors d’un stress intense, le système nerveux autonome peut se mettre en situation de défense (comme un animal faisant le mort pour éviter d’être mangé). Le but ? Faire baisser le débit cardiaque ou les résistances vasculaires périphériques. C’est à ce moment-là que le patient peut perdre connaissance. Il s’agit donc bien d’un réflexe mettant en jeu le système nerveux autonome. On peut parler d’une sorte d’hyper-réaction à un événement particulièrement stressant.
Vous pourrez bien entendu obtenir davantage d’informations sur la syncope vagale ou la syncope vasovagale en faisant une formation dpc dispensée par nos soins. 

Autres syncopes réflexes

Syncope par hyper-réflexie sino-carotidienne

Le mécanisme de la syncope par hyper-réflexie sino-carotidienne se rapproche légèrement de celui de la syncope vasovagale.


Pour comprendre l’apparition de cette syncope, il faut tout d’abord regarder du côté du glomus carotidien, soit le gardien des vaisseaux du cerveau. C’est lui qui est en charge de donner à ces vaisseaux des informations sur la pression artérielle. Il s’agit d’un élément extrêmement important dans l’apparition de la syncope réflexe. Rendu hyper-sensible par certaines pathologies, souvent dites "organiques", il peut alors transmettre de fausses informations et déclencher une syncope réflexe.

Bon à savoir

Ce cas se retrouve particulièrement chez le patient âgé ayant notamment fait de la radiothérapie, de la chimiothérapie ou bien de la chirurgie dans la zone du glomus carotidien.

Syncope situationnelle

Ces syncopes typiques apparaissent pendant ou juste après la déglutition, la toux, la miction ou encore la défécation. 

Syncope atypique

Enfin, il y a les syncopes atypiques qui surviennent généralement chez le sujet âgé. Cette catégorie de syncopes réflexes regroupe toutes les syncopes dont les causes ne sont ni cardiaques, ni liées à l’hypotension orthostatique. La syncope atypique n’a donc pas de lien avec un stress important (syncope vasovagale), ou une situation particulière (syncope situationnelle) ou avec la stimulation du glomus carotidien (syncope par hyper-réflexie sino-carotidienne). Il s’agit d’une syncope souvent difficile à diagnostiquer. 

Examens recommandés en cas de syncope réflexe

Dans le cas où une syncope réflexe serait suspectée, et en l’absence d’éléments en faveur d’une cause cardiaque, il est recommandé de faire des examens plus poussés en particulier si les syncopes sont fréquentes, sévères ou à risque. Si le sujet a subi une syncope inexpliquée, le diagnostic le plus probable reste celui de la syncope réflexe. 


Par ailleurs et pour information, les examens recommandés en première intention pour ce type de syncope sont le massage du sinus carotidien (notamment dans le cas du sujet âgé qui perdrait connaissance lors d’un mouvement de rotation de la tête, par exemple) et le test d’inclinaison (dans le cas du sujet jeune). Par ailleurs, l’éducation thérapeutique des patients ayant tendance à perdre connaissance "par réflexe" peut faire partie des recommandations.


Les examens biologiques courants ou spécifiques ne peuvent être prescrits que pour préciser l’origine de la syncope. Ils sont justifiables lorsqu’on a connaissance d’anomalies cliniques, d’une comorbidité ou d’un traitement spécifique.


Pour vous former sur les syncopes et tout savoir sur la formation DPC, nous vous invitons à prendre contact avec Walter Santé. Nous pourrons notamment vous renseigner sur la formation DPC médecin généraliste.

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