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Comment prévenir le pied diabétique ?

Le pied diabétique : symptômes et risques

Alphonse Doutriaux

Co-fondateur de Walter

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Le pied diabétique peut être l’une des conséquences complexes du diabète. Nous abordons dans cet article ce sujet essentiel présent dans toute formation en diabétologie. Nous vous guidons pour prévenir au mieux cette pathologie en la définissant et en identifiant ce qui peut être source de danger pour le membre de votre patient(e). Nous vous dévoilons également les symptômes d’un pied diabétique ainsi que les grades de la neuropathie et leur prise en charge.

Qu'est-ce que le pied diabétique ?

Le pied d’un diabétique est extrêmement fragile : une inflammation pouvant aller jusqu’à l’amputation peut être observée. Celle-ci résulte d’un triple processus qui comprend la présence d’une neuropathie, d’une artériopathie et d’une infection. Selon diverses études, on compte en moyenne 404 amputations au niveau des membres inférieurs pour 100 000 diabétiques. Ce chiffre conséquent est en augmentation depuis quelques années.

 

Les amputations dues à la neuropathie sont 14 fois plus importantes par rapport à la population générale, d’où la nécessité d’une surveillance accrue de la part des professionnels de santé ayant suivi une formation sur le diabète. Ainsi, en tant que soignant(e), la vigilance quant à un pied diabétique infecté ou pied de Charcot fait partie de votre accompagnement, au même titre que la supervision d’une autosurveillance de la glycémie chez vos patients.

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Accompagnez les patients diabétiques de type 2

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Les symptômes du pied diabétique

Parmi les symptômes du pied diabétique, on constate des troubles de la sensibilité des membres inférieurs : sensation de chaud, de froid, de brûlure ou de fourmillements, ou encore paresthésie bilatérale (en chaussette). Ces gênes, sans douleur, sont dues à une atteinte des nerfs ou neuropathie sensitivo-motrice et végétative. Pour surveiller la sensibilité du/de la patient(e), un examen au monofilament est indiqué. Le médecin ou le podologue pique au niveau de la plante du pied et des orteils avec le monofilament et interroge votre patient(e) sur sa perception et les zones testées. Dans le cas d’absence de sensation, ou de perception minime, la neuropathie est confirmée.

 

Le deuxième aspect du triple processus d’un pied diabétique concerne l’artériopathie ou l’atteinte par micro et macroangiopathie. La diminution d’apport en oxygène se traduit par des pieds froids, bleus, la peau fine et des ongles épais. On remarque également une dépilation et une disparition des pouls dans les membres inférieurs. Un(e) patient(e) atteint de diabète et ayant mal aux pieds est souvent le signe d’une artériopathie puisqu’une douleur se manifeste à la marche et au repos.

 

Enfin, la présence d’une infection, troisième élément déclencheur d’un pied de Charcot, engendrera une hyperglycémie chronique. Les globules blancs prennent le dessus et leur efficacité amoindrie est visible lors des glycémies. Une infection peut avoir une évolution et une extension rapides, et le suivi thérapeutique est difficile (germes multiples, BMR, ou bienfait des antibiotiques diminué par l’artérite). Par conséquent, le traitement par antidiabétiques oraux est revu et les patients sont souvent passés sous insuline.

Un pied en danger

Il est complexe de reconnaître un pied diabétique à risque, car il n’y a pas de douleur ni d’alerte. En outre, il subsiste une méconnaissance du danger par les patients et les professionnels de santé eux-mêmes, ce qui engendre un retard de prise en charge dans le traitement du pied diabétique. En conséquence, les chances d’être amputé augmentent. Vous devez donc vous montrer extrêmement attentif, quelques signes peuvent vous alerter : la mobilité de votre patient a-t-elle réduit ? Comment se lave-t-il les pieds ?

Important

Si la vue de votre patient(e) ou de son/sa conjoint(e) n’est pas optimale, ne vous fiez pas à leur jugement quant à la surveillance du pied : vérifiez vous-même régulièrement.

Également, certaines pratiques inadaptées doivent être corrigées, comme le chaussage. Il a été démontré que dans 50 % des cas, la chaussure du/de la patient(e) n’est pas adéquate. De plus, la coupe des ongles doit impérativement être faite par des pédicures ou podologues. Ce sont des professionnels formés en diabétologie et aux risques des pieds de Charcot. Assurez-vous que votre patient(e) évite les plaies en les redirigeant vers ces praticiens.

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Les risques liés au diabète ancien

50 % des patients diabétiques développent une neuropathie après 25 ans de diabète. Les complications liées à un diabète ancien peuvent inclure les pathologies suivantes.

 

  • Une déformation du pied : informez votre patient(e) que les podologues peuvent faire des empreintes de pied.
  • Une hyperkératose due au point d’appui : là encore, les podologues spécialisés peuvent intervenir en effectuant des décornages et en mettant en place si besoin des orthèses sur cette zone à risque.
  • Une possibilité de plaie ou antécédent de plaie.

Rester vigilant(e) est la seule façon de prévenir un pied diabétique. Pour un accompagnement optimal de vos patients, nous vous recommandons de suivre un cursus de formation sur le diabète.

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Les grades de la neuropathie

Il existe quatre grades pour la neuropathie, à connaître obligatoirement pour le traitement d’un pied diabétique. L’absence de neuropathie et d’artérite constitue le grade 0. Le risque de lésion est commun et l’examen des pieds de votre patient(e) se fait une fois par an. En grade 1, la neuropathie est identifiée mais isolée.

Bon à savoir

En tant que soignant(e), il est de votre devoir d’examiner les pieds et les chaussures que porte le/la patient(e) au moins une fois par semaine.

Le risque de lésion est dans ce cas multiplié par 5 à 10. N’hésitez pas à éduquer votre patient(e), notamment sur la bonne pratique du lavage des pieds. Le grade 2 signifie qu’une neuropathie et déformation du pied (ou artérite) se sont installées. Le risque de lésion est multiplié par 10. La prise en charge inclut un examen annuel du pied diabétique, ainsi que la mise en place d’un bilan et de soins podologiques tous les deux mois. Le podologue pourra si nécessaire avoir recours à des orthèses et à des chaussures thérapeutiques.

 

En grade 3, le risque de lésion est multiplié par 25. Il y a ici des antécédents d’amputation ou d’ulcération de plus de trois mois. Il est primordial d’établir un bilan annuel auprès d’une équipe spécialisée et dans un centre adapté pour le traitement du pied diabétique infecté.

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