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Santé

Médecin généraliste

Développement psychomoteur de l'enfant

Le développement psychomoteur de l'enfant et le Trouble Développemental de la Coordination (TDC)

Hippolyte Le Dem

Fondateur de Walter

|

Le Trouble Développemental de la Coordination (TDC), également appelé dyspraxie, fait partie des troubles neurodéveloppementaux.

 

Ce trouble du mouvement affecte le fonctionnement de l’enfant dans son quotidien. Ces enfants éprouvent des difficultés dans l’apprentissage des habiletés motrices et sont maladroits. Ce trouble entraîne alors un retard du développement moteur.

Le développement psychomoteur de l'enfant

Avant d’étudier le TDC, il faut tout d’abord commencer par rappeler ce qu’est le développement psychomoteur de l'enfant. Par la suite, on pourra alors analyser la dyspraxie ; également appelée trouble de la coordination. Le développement psychomoteur est un processus complexe de maturation qui décrit l'acquisition des compétences au niveau moteur, cognitif, affectif et social. Il est important chez le nourrisson et l'enfant, période de la vie où les acquisitions sont très nombreuses.

 

Ce développement témoigne de la maturation progressive du système nerveux et recouvre plusieurs aspects :

  • Motricité globale (posture et locomotion) ; 
  • Motricité fine (appréhension et coordination) :
  • Langage ;
  • Sociabilité.

Il est évalué en se référant à des moyennes, suite à des observations sur un grand nombre d’individus.

 

Le développement psychomoteur est variable, les enfants n'acquièrent donc pas tous les mêmes choses au même moment. L’important est le respect de la chronologie dans les acquisitions. Chaque enfant évolue à son rythme et il peut exister des écarts de plusieurs semaines ou plusieurs mois d’un enfant à l’autre.
Cependant, ces écarts doivent rester limités par rapport à la moyenne. Il faudra être vigilant si l’enfant présente un retard important, un retard qui persiste ou qui s’est aggravé au fil des mois.

 

Au cours de notre formation sur les Troubles Neurodéveloppementaux à destination des infirmiers(ères) et des médecins généralistes, vous apprendrez également les 3 lois selon lesquelles le développement psychomoteur progresse :

  • Loi de différenciation : la motricité globale du nouveau-né progresse pour devenir une motricité déliée ;
  • Loi de variabilité : le fait que les progressions psychomotrices ne soient pas constantes ; 
  • Loi de succession : le développement psychomoteur de l’enfant obéit à la loi céphalocaudale.

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De la naissance à la marche

De la naissance à la marche, l'enfant passe par de nombreuses positions qui sont essentielles pour le développement de sa coordination. Si un enfant ne passe pas autant de temps qu'il devrait dans une position, il est tout de même important qu'il soit capable de la réaliser.

 

Voici les caractéristiques de psychomotricité observées dans les différents stades de la naissance à la marche :

 

  1. Développement psychomoteur du nourrisson : la motricité est spontanée et involontaire, on parle également de motricité réflexe.
  2. Développement psychomoteur vers 3 mois : l'enfant est capable de maintenir sa tête s'il est assis. En termes de motricité fine, l’enfant n’est pas encore dans une préhension volontaire, mais il montre une préhension au contact.
  3. Développement psychomoteur vers 6 mois : le bébé commence à être de plus en plus en mouvement et à avoir une motricité qui est plus volontaire. Il sait se retourner sur le dos ou sur le ventre et se redresser sur ses mains. En termes de motricité fine, on observe une préhension volontaire, l’enfant attrape alors volontairement des objets. En revanche, le bébé ne sait pas encore les relâcher volontairement.
  4. Développement psychomoteur vers 9 mois : en termes de motricité globale, l'enfant peut se maintenir assis seul sans support, peut ramper et se déplacer à quatre pattes. En termes de motricité fine, il peut utiliser son pouce et son index pour former une pince (appelée pince supérieure), et peut désormais relâcher volontairement les objets. Enfin, il fait preuve de premiers signes d'autonomie : il peut tenir son biberon seul et attraper de petits morceaux de nourriture.
  5. Développement psychomoteur entre 12 et 18 mois : Entre 12 et 18 mois, on observe de grandes modifications de la psychomotricité de l'enfant. C’est vers cet âge qu’il acquiert la marche autonome. Il peut également s'accroupir pour attraper un objet et monter l'escalier à quatre pattes (mais pas les redescendre). L’enfant est capable d’aider à l'habillage en tendant les bras et les jambes, et il peut manger avec une cuillère même s’il reste encore malhabile.
  6. Développement psychomoteur vers 24 mois : l'enfant est désormais capable de faire plusieurs choses seul. Il peut sauter à pieds joints, faire une tour de cubes, et peut maintenant boire au verre en le tenant à deux mains ;
  7. Entre 2 et 3 ans, l'enfant améliore les apprentissages précédents en les complexifiant. Il peut sauter d’une petite marche, courir ou encore tenir en équilibre sur un pied et sans support. À cet âge, l’enfant participe de plus en plus. Il peut par exemple utiliser seul une cuillère pour manger.
  8. À partir de 3 ans, l’enfant continue de développer de nouvelles compétences psychomotriciennes complexes. On estime, par exemple, que les enfants font leurs lacets entre 6 et 7 ans, qu’ils peuvent tracer un trait avec une règle entre 6 et 7 ans et utiliser le compas vers 8 ans.

Important

En tant que professionnel(le) de santé, il est important de noter que l’enfant a franchi ces différentes étapes, mais il est également très important d’observer la manière dont toutes ses coordinations sont exécutées. 

Enfin, avant de s’inquiéter d’un éventuel TDC, il faudra vérifier auprès de l’entourage que l’enfant ait accès aux expérimentations et aux entraînements.

Le TDC : trouble développemental de la coordination

Le Trouble développemental de la coordination (TDC) fait partie des troubles du neurodéveloppement (TND).

En effet, les troubles neurodéveloppementaux comprennent :

  • le trouble développemental de la coordination ;
  • le trouble de l’attention ;
  • le trouble du langage ;
  • les troubles spécifiques des apprentissages (troubles “dys”) ;
  • les troubles du spectre de l’autisme (TSA).

 

Le TDC se définit par un retard dans les apprentissages moteurs et dans la coordination des mouvements en comparaison avec d’autres enfants du même âge. Les difficultés motrices qui en résultent rendent la réalisation des tâches quotidiennes plus compliquées pour l’enfant qui présente un TDC.

 

Plusieurs termes ont été utilisés pour désigner ce trouble, mais aujourd’hui, le terme officiel est le "trouble du développement de la coordination". Le terme "dyspraxie développementale", que l’on retrouve encore fréquemment dans des comptes rendus (notamment dans des comptes rendus psychomoteurs), est également accepté.

Le diagnostic du Trouble Développemental de la Coordination

Selon les recommandations de l’INSERM en 2019, les 4 critères pour le diagnostic d'un trouble développemental de la coordination sont les suivants :

  • Des signes présents dès le développement précoce comme tous les troubles neurodéveloppementaux ;
  • Un impact sur au moins l'un de ces trois domaines : le quotidien, la scolarité ou les loisirs (comme le sport par exemple) ;
  • Un décalage dans l'acquisition des compétences motrices significatif (un bilan psychomoteur va pouvoir objectiver ce décalage);
  • Des symptômes non imputables à un trouble de la déficience intellectuelle, une déficience visuelle ou une atteinte neurologique.

Si un TDC est avéré, il existe deux types de prises en charge : celle centrée sur le déficit (bottom-up) et celle centrée sur la performance (top-down).

 

Dans le cadre des troubles développementaux de la coordination, on recommande des approches top down. Cette rééducation va permettre d’avoir des objectifs ciblés et motivés pour l’enfant. On va agir sur l’activité et la participation du patient pour réduire l’impact de ce trouble dans sa vie quotidienne. 
Lors de la prise en charge d’un enfant atteint de TDC, il ne faut pas essayer d'améliorer les fonctions motrices. Par contre, en lui faisant réaliser une activité dans la vie réelle, cela va certainement aussi améliorer ces fonctions. 

Apprenez comment prendre en charge vos patients atteints de TDC grâce à notre formation en ligne sur les Troubles du Neurodéveloppement, dispensée par des experts et éligible au financement DPC.

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