Quels autres cancers peut causer l'infection HPV ?

blog

Santé

Médecin généraliste

HPV

Les cancers causés par le HPV

Les cancers causés par l'infection HPV et leur dépistage

|

7 min

|

Par Thomas Cornet

Le virus génital du papillomavirus est responsable de quasiment 100 % des cancers du col de l’utérus, mais pas seulement. D’autres types de cancer peuvent survenir après un dépistage HPV positif. La proportion de ces pathologies varie, mais reste réelle. Découvrez dans cet article les cancers liés à l’HPV, les solutions pour les dépister, et le risque pour une patiente ayant déjà été exposée à une lésion précancéreuse du col de l’utérus de présenter de nouvelles lésions.

Sommaire

  • Les différents types de cancer
  • Comment les dépister ?
  • Le risque accru de cancer après un HPV
  • Téléchargez le programme de la formation HPV en PDF

Programme formation HPV

+ de 900 téléchargements

Partager sur :

Les différents types de cancer

L’HPV de bas risque peut donner des infections bénignes, comme le condylome en région anale ou le condylome sur la verge, verrues génitales non cancéreuses. L’HPV de haut risque peut en revanche s’attaquer à d’autres zones.

 

Chez la femme comme chez l’homme, il peut être responsable du cancer de l’anus et de l’oropharynx. Le cancer de l’anus est une maladie rare chez les sujets jeunes ; l’âge moyen du diagnostic se situe à 65 ans. Son incidence est en augmentation, notamment chez les hommes. 90 % des cancers de l’anus sont dus à l’infection génitale du papillomavirus, faisant du HPV son principal facteur de risque. Huitième cancer observé en France, le cancer de l’oropharynx est plus fréquent. Le cancer des amygdales est plus particulièrement en lien avec l’HPV. 40 % sont des cancers liés au papillomavirus. Le reste est en lien avec une intoxication alcoolo-tabagique.

 

La particularité du cancer de l’oropharynx réside dans l’absence de lésions précancéreuses. Il n’est donc pas possible de les diagnostiquer et de les traiter. Parmi les cancers associés à l’HPV, on recense aussi le cancer du vagin pour la femme, dont 70 % des cas sont dus au papillomavirus, ainsi que le cancer de la vulve, lié à l’HPV dans 40 % des cas. Ce dernier est observé chez des sujets âgés et reste extrêmement rare.

 

Tout aussi exceptionnel, le cancer du pénis peut également se développer à cause de la présence du HPV. Un cas sur deux est dû au papillomavirus. Il est impossible de savoir quels sujets HPV positifs développeront ou non un cancer sur une autre zone anatomique.

Rappel

En définitive, c’est avant tout l’incapacité du système immunitaire à faire la clairance virale qui conditionnera le risque en exposant le sujet à une infection prolongée au papillomavirus.

img test
Maîtrisez la prise en charge du cancer du col de l'utérus

Dépistage, enjeux de la vaccination HPV, prise en charge et suivi post-thérapeutique, état de la recherche.

Découvrir la formation

Comment les dépister ?

Pour mettre en place un dépistage pour ces maladies, plusieurs critères sont demandés :

 

  • la pathologie doit être fréquente ;
  • elle doit être dépistable à un stade curable ;
  • le traitement doit s’avérer efficace ;
  • le dépistage doit être efficace, acceptable pour la population et peu coûteux ;
  • la maladie doit avoir une histoire naturelle lente.

Le cancer du col de l’utérus réunit tous les critères. Un traitement actif existe avec la conisation, et grâce au prélèvement cervico-utérin, le dépistage est efficace avec un coût raisonnable. Le dépistage des autres cancers liés au papillomavirus est plus complexe. En effet, le cancer de l’anus est une pathologie rare. On compte environ 900 nouveaux cas chaque année, tous sexes confondus, contre 3000 pour le cancer du col. De la même manière qu’avec une colposcopie, il est possible de détecter et de traiter les lésions précancéreuses de l’anus grâce à une anuscopie. Cependant, il n’est pas prouvé que le traitement empêche le développement d’un cancer dû au HPV.

 

Quant au cancer de la vulve, c’est une pathologie rare pour laquelle il n’existe aucun test de dépistage. Suite à un test HPV positif, de nombreuses patientes craignent de développer un cancer sur une autre zone anatomique que le col de l’utérus et souhaitent se faire dépister ou prémunir leur partenaire. Vous pouvez les rassurer sur le cancer du vagin, même s’il s’agit d’une maladie peu fréquente, puisqu’il est dépisté en même temps que le col.

Malheureusement, faute de preuve d’efficacité voire d’absence de recherche, il n’existe pas de dépistage pour les autres risques de cancer, y compris le cancer du pénis lié à un papillomavirus et celui de l’oropharynx. Ces deux types de cancer ont une histoire naturelle lente, mais ne remplissent aucun autre critère pour établir un dépistage.

Bon à savoir

En tant que professionnel de santé, il vous reviendra de faire appel à votre sens pédagogique et d’expliquer à vos patientes qu’aujourd’hui, les moyens pour éviter le risque de cancers sur d’autres cibles n’existent pas.

Le risque accru de cancer après un HPV

Si beaucoup de patientes redoutent de développer un cancer sur une cible différente du col, c’est parce que l’infection génitale au papillomavirus de haut grade les expose à un risque plus élevé. Une patiente déjà traitée pour une lésion précancéreuse du col témoigne malheureusement de l’incapacité de son système immunitaire à éliminer le virus naturellement. On conclut ainsi qu’un cancer lié au papillomavirus pourrait se développer sur d’autres zones anatomiques plus aisément chez cette personne.

Important

On estime que le risque pour une patiente qui a été HPV positive de présenter une lésion précancéreuse au niveau du vagin est multiplié par 25, par 6,5 pour le canal anal et par 13,5 pour la vulve. Si elle a été suivie pour une lésion CIN3, elle a 3 à 4 fois plus de risque de présenter un cancer anal, un cancer de l’oropharynx ou un autre cancer lié au HPV. Comme évoqué précédemment, le dépistage de ces autres cancers est limité.

img test
Formations Médecins Généralistes

Découvrez les formations DPC Médecins Généralistes en ligne de Walter Santé.

Découvrir les formations

Néanmoins, même si le risque pour ce type de patientes est incontestablement majoré, la plupart ne développeront pas de cancer. De nouveau, c’est l’infection persistante qui expose le sujet. Un suivi génital est envisageable pour surveiller le col, le vagin, et la vulve dans une moindre mesure.

 

Par ailleurs, il est important de rappeler que ces pathologies ne sont pas directement liées à la pratique sexuelle. La maladie cancéreuse anale peut par exemple survenir même en l’absence de pratique anale. Une contamination du canal anal est possible par simple proximité ou contiguïté.

Bon à savoir

Pour davantage de détails sur les risques accrus de développer d’autres formes de cancers liés à l’infection génitale du papillomavirus, découvrez notre cursus de formation HPV à distance dédié aux professionnels de santé.

Téléchargez le programme de la formation HPV en PDF

Programme formation HPV

Programme formation HPV

+ de 900 téléchargements

Programme formation HPV

+ de 900 téléchargements

Partager sur :

Commentaires

Publier un commentaire

Un doute, une question, nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

Sur le même thème

Cancer du col de l'utérus : tout ce que vous devez savoir

Walter Learning

Thomas Cornet

|

30 Mai 2022

Le cancer du col de l'utérus (CCU) est un cancer méconnu en France du fait de sa rareté. Il est pourtant important d'assurer la vaccination le plus tôt possible et un dépistage régulier chez les patients asymptomatiques. Mais quelles sont les caractéristiques du cancer du col de l'utérus ? Quelle est la différence entre dépistage et diagnostic ? Et quels sont les types de CCU qui existent ?

Lire l'article

Quelles sont les conséquences à long terme du HPV ?

Walter Learning

Thomas Cornet

|

3 Octobre 2022

Le papillomavirus chez la femme, particulièrement celui de haut grade, peut donner lieu à des lésions cervicales du col de l’utérus. Ces lésions sont traitées par conisation, un acte chirurgical qui n’est pas anodin et engendre une augmentation du risque d’accouchement prématuré. Nous évoquons dans cet article les conséquences d’une conisation, ainsi que le risque de récidive chez une femme porteuse du papillomavirus. Dans quelle mesure une patiente peut-elle de nouveau présenter une lésion intraépithéliale ? Vous découvrirez aussi comment effectuer un suivi post-thérapeutique optimal, grâce notamment au test HPV.

Lire l'article

Les cancers causés par l'infection HPV et leur dépistage

Walter Learning

Thomas Cornet

|

3 Octobre 2022

Le virus génital du papillomavirus est responsable de quasiment 100 % des cancers du col de l’utérus, mais pas seulement. D’autres types de cancer peuvent survenir après un dépistage HPV positif. La proportion de ces pathologies varie, mais reste réelle. Découvrez dans cet article les cancers liés à l’HPV, les solutions pour les dépister, et le risque pour une patiente ayant déjà été exposée à une lésion précancéreuse du col de l’utérus de présenter de nouvelles lésions.

Lire l'article

La colposcopie : définition, étapes et suivi

Walter Learning

Thomas Cornet

|

3 Octobre 2022

La colposcopie vaginale est préconisée pour déceler d’éventuelles lésions précancéreuses. Comment cet examen complémentaire se déroule-t-il ? De quel matériel avez-vous besoin ? À quel moment intervient la biopsie ? Nous répondons à ces questions dans cet article, et vous conseillons sur le suivi des patientes après une colposcopie.

Lire l'article