Définition et symptômes du syndrome de Cushing iatrogène

Santé
Pharmaciens
Iatrogénie

Par Alphonse Doutriaux

3 avril 2026

8 minutes de lecture

Le syndrome de Cushing, marqué par un niveau élevé de cortisol, présente des symptômes variés, ce qui en fait un défi pour le diagnostic.

Cet article, dédié à la formation continue des pharmaciens et axé sur l'iatrogénie, explore les manifestations, les complications, et les particularités liées à cette condition. Il vise à fournir des connaissances essentielles pour repérer et diagnostiquer le syndrome de Cushing iatrogène.

Sommaire

Qu'est-ce que le syndrome de Cushing ?

Le syndrome de Cushing est une condition médicale caractérisée par un ensemble de manifestations cliniques résultant d'un excès prolongé d'hormones à action glucocorticoïde, en particulier du cortisol. 

 

Ce trouble peut se manifester de deux manières distinctes :

  1. dans le syndrome de Cushing endogène, l'excès de cortisol provient d'une surproduction par une ou deux glandes surrénales ;
  2. à l'inverse, le syndrome de Cushing iatrogène résulte de l'administration prolongée de fortes doses de corticoïdes de synthèse, souvent prescrits pour traiter diverses affections inflammatoires telles que le rhumatisme ou l'asthme. 

Dans le cas de la maladie de Cushing, une hyperproduction hypophysaire de l'hormone adrénocorticotrope, généralement causée par un adénome hypophysaire, entraîne le syndrome de Cushing. 

Bon à savoir

La formation DPC pharmacien de Walter Santé vous fournira les outils nécessaires pour une gestion efficace des patients présentant des symptômes liés à un taux de cortisol élevé, notamment dans le contexte du syndrome de Cushing iatrogène. Notre formation Iatrogénie vous permettra également d'aborder des aspects spécifiques tels que le syndrome atropinique et la rhabdomyolyse, renforçant ainsi votre compréhension globale des complications médicamenteuses.

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Causes et symptômes

Le syndrome de Cushing, caractérisé par une élévation chronique du cortisol, peut avoir diverses origines. La cause la plus fréquente, connue sous le nom de maladie de Cushing, résulte d'un adénome corticotrope développé dans l'hypophyse. Cette tumeur provoque une sécrétion excessive de l'hormone adrénocorticotrope (ACTH), entraînant une production parallèle de cortisol par les glandes surrénales.

 

Une autre cause courante est le syndrome de sécrétion ectopique d'ACTH, où des tumeurs en dehors de l'hypophyse, souvent localisées dans les poumons, sécrètent cette hormone, stimulant ainsi la production de cortisol. 

Rappel

Par ailleurs, des tumeurs surrénaliennes, qu'elles soient bénignes (adénomes) ou malignes (corticosurrénalomes), peuvent également conduire à une hyperproduction de cortisol.

Enfin, les corticoïdes de synthèse sont une cause très fréquente, mais en quelque sorte prévisible, voire attendue, de syndrome de Cushing (cause iatrogène).

Les symptômes du syndrome de Cushing sont vastes et variées, on note entre autres les éléments suivants :

  • une obésité tronculaire avec un visage bouffi et un faciès lunaire ;
  • la répartition anormale des graisses qui peut causer une prise de poids localisée, principalement dans la partie supérieure du corps ;
  • des vergetures pourpres sur l'abdomen ;
  • une fragilité vasculaire provoquant des ecchymoses fréquentes ;
  • une faiblesse musculaire ;
  • une ostéoporose ;
  • une hypertension artérielle ;
  • des troubles du sommeil ;
  • des problèmes menstruels chez les femmes ;
  • divers troubles psychiques tels que la dépression. 

Important

Ces symptômes peuvent varier d'un individu à l'autre et ne se manifestent pas tous simultanément. La reconnaissance des causes sous-jacentes et des symptômes spécifiques est primordial pour un diagnostic précis et un traitement approprié du syndrome de Cushing.

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Quelle différence entre le syndrome et la maladie de Cushing ?

Le syndrome de Cushing et la maladie de Cushing désignent des conditions distinctes.

 

La maladie de Cushing est une forme spécifique du syndrome de Cushing. Elle est principalement causée par un adénome hypophysaire, une tumeur non cancéreuse qui se développe dans l'hypophyse (une petite glande située à la base du cerveau). Cette tumeur entraîne une production excessive de l'hormone adrénocorticotrope (ACTH), qui à son tour stimule les glandes surrénales à produire trop de cortisol.

 

Le syndrome de Cushing est un terme plus large qui englobe toutes les conditions caractérisées par un excès prolongé d'hormones glucocorticoïdes, en particulier le cortisol. En plus de la maladie de Cushing, le syndrome peut également être causé par d'autres facteurs, tels que des tumeurs surrénaliennes (bénignes ou malignes), la sécrétion ectopique d'ACTH par des tumeurs en dehors de l'hypophyse (syndrome de Cushing paranéoplasique), ou l'administration prolongée de corticoïdes de synthèse.

Comment diagnostiquer le syndrome ?

Le diagnostic du syndrome de Cushing repose sur des tests et examens confirmant l'hypersécrétion de cortisol et identifiant la cause sous-jacente :

  • mesure du cortisol libre urinaire sur 24 heures ;
  • test de freination à la dexaméthasone ;
  • mesure du cortisol à minuit : en cas d'incertitude après les tests précédents, une mesure du cortisol sérique à minuit est effectuée, généralement pendant une hospitalisation, pour aider à confirmer le diagnostic ;
  • mesure de l'ACTH plasmatique : l'ACTH est dosée pour déterminer l'étiologie du syndrome de Cushing. Des taux indétectables suggèrent une origine surrénalienne, tandis que des taux élevés indiquent une cause hypophysaire ou ectopique ;
  • tests dynamiques : des tests de stimulation, tels que le test de freinage fort à la dexaméthasone et l'injection de CRH, sont utilisés pour préciser davantage le diagnostic ;
  • imagerie : l'imagerie, comme l'IRM hypophysaire avec injection de gadolinium, est réalisée en fonction des résultats des tests pour localiser la source. La TDM (tomodensitométrie) et d'autres modalités d'imagerie peuvent être utilisées pour explorer des causes non hypophysaires.

Il est primordial de diagnostiquer le syndrome de Cushing de manière précoce et précise, compte tenu des risques de complications associées à cette affection : problèmes cardiaques, ostéoporose, tumeur maligne.

 

En suivant la formation continue pour pharmaciens de Walter Santé, dispensée par Haleh Bagheri, praticien Hospitalier au Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, vous développerez des compétences essentielles pour prévenir les événements iatrogènes chez les patients âgés. 

Astuce

Notre formation Iatrogénie vous permettra d'approfondir votre compréhension des pathologies médicamenteuses, d'identifier les problèmes de santé liés aux médicaments chez les personnes âgées, et de renforcer votre vigilance face aux situations pouvant entraîner des effets indésirables médicamenteux.

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Traitement du syndrome de Cushing

Le traitement du syndrome de Cushing vise à supprimer l'excès de sécrétion de cortisol en traitant la cause sous-jacente. 

 

Voici les principales approches thérapeutiques pour traiter le syndrome de Cushing :

  • réduction des corticostéroïdes : si le syndrome est iatrogène, la diminution progressive des corticostéroïdes peut être envisagée sous supervision médicale ;
  • chirurgie : pour les cas liés à une tumeur hypophysaire, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour retirer la tumeur ;
  • radiothérapie : en cas d'impossibilité chirurgicale, la radiothérapie peut être utilisée pour réduire la croissance tumorale et normaliser la sécrétion d'ACTH ;
  • médicaments anticortisoliques : le kétoconazole et le mitotane sont des options médicamenteuses en cas d'échec de la chirurgie ou lorsque celle-ci n'est pas possible.

Chaque situation nécessite une approche individualisée, impliquant plusieurs spécialistes de la santé, et un suivi régulier pour ajuster le traitement du syndrome de Cushing en fonction de l'évolution de la maladie.

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