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Comment analyser une plaie ?
Pour bien évaluer une plaie, il faut d’abord passer par une phase d’analyse. La description de la plaie est centrée sur l’observation, l’évaluation et votre connaissance du processus de cicatrisation de la plaie :
- la localisation de la plaie ;
- le type de plaie ;
- la surface atteinte (profondeur et largeur) ;
- le stade de la cicatrisation ;
- les exsudats ;
- les antécédents médicaux et chirurgicaux ;
- les facteurs aggravants ou favorisants ;
- le GIR (Groupe Iso-Ressources) ;
- la nutrition.
L’identification des facteurs de cicatrisation est essentielle : diabète, dénutrition, insuffisance vasculaire ou infection peuvent entraîner un retard de cicatrisation.
Une bonne connaissance des différentes phases de cicatrisation permet d’adapter la prise en charge à chaque stade évolutif de la plaie.
Quelles sont les 5 différentes évolutions d'une plaie ?
La cicatrisation d'une plaie ne se fait pas du jour au lendemain. Avant sa guérison, chaque plaie passe par plusieurs stades d'évolution. Retrouvez ici les catactéristiques de chacune de ces phases de cicatrisation de la plaie.
1. La plaie nécrosée
Une plaie nécrosée désigne les modifications morphologiques irréversibles coïncidant avec la mort cellulaire.
À ce stade, la phase d’inflammation plaie peut être prolongée ou inefficace, empêchant une réparation tissulaire optimale.
Ces modifications touchent aussi bien le noyau que le cytoplasme. Elles sont observables lorsque la cellule morte reste dans un environnement vivant, et doit donc être distinguée de l’autolyse. Les causes d'une plaie nécrosée sont les suivantes.
- L'anoxie, en particulier ischémie.
- Les agents physiques, trauma mécanique, thermique, radiations.
- Les agents chimiques et médicamenteux.
- Les agents infectieux : virus, bactéries, champignons, parasites.
- Les réactions immunologiques.
- Les déséquilibres nutritionnels.

2. La plaie fibrineuse
Nous sommes dans un cas de fibrine lorsqu’un enduit jaunâtre recouvre tout ou partie de la plaie. La présence de fibrine peut freiner la réparation tissulaire et favoriser un retard de cicatrisation si elle n’est pas correctement prise en charge.
Cet enduit jaune est plus ou moins adhérent au fond de la lésion. Il est colonisé par de nombreux germes, qui peuvent entraîner une infection de la plaie. L'exsudat est variable : écoulement important et épais, ou absence d'écoulement.
3. Le bourgeonnement d'une plaie
Lors de la phase de bourgeonnement d'une plaie, un tissu de granulation est en place, rouge et bourgeonnant, signalant le processus de guérison.
Le bourgeonnement correspond à la phase centrale de réparation tissulaire : les capillaires se développent, le collagène se forme et la plaie bourgeonnante comble progressivement la perte de substance.
Une plaie bourgeonnante bien vascularisée est un signe clinique favorable dans les phases de cicatrisation. Le bourgeonnement d'une plaie a, généralement, des écoulements séreux modérés.
4. L'épidermisation d'une plaie
L'épidermisation est un stade doit être parfaitement respecté, en espaçant les pansements et en évitant la détersion manuelle abusive, y compris avec la compresse.
L’épithélialisation correspond à la migration des cellules épidermiques qui recouvrent le tissu de granulation. Cette étape marque l’entrée dans la phase finale avant la maturation cellulaire.
5. L'infection d'une plaie
L’infection d'une plaie résulte d’interactions dynamiques entre un hôte, un germe pathogène potentiel et l’environnement. Elle survient quand des micro-organismes parviennent à échapper aux stratégies de défenses de l’hôte. L’infection perturbe les phases de cicatrisation, prolonge l’inflammation plaie et constitue l’un des principaux facteurs de cicatrisation responsables de retard de cicatrisation. Sans prise en charge rapide, elle empêche le bourgeonnement et retarde l’épithélialisation.
Le corps humain n’est pas stérile. Sa surface externe, ainsi que ses canaux et cavités ouverts sur l’extérieur, constituent diverses niches environnementales où résident des communautés relativement stables mais diverses de micro-organismes qui constituent sa flore normale.
On estime que le nombre total des cellules microbiennes est au moins 10 fois plus élevé que celui des cellules humaines, mais ces commensaux ne franchissent habituellement pas les barrières naturelles, sauf en cas de survenue d’une immunodéficience ou d’une blessure de l’hôte
La relation entre l’hôte humain et les micro-organismes est habituellement équilibrée. De ce fait, la flore normale peut conférer des avantages à l’hôte en le protégeant contre une invasion par des espèces plus agressives.
L’infection est un obstacle reconnu à la cicatrisation de la plaie et doit impérativement susciter une intervention rapide.

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Quelles sont les différentes échelles d'évaluation d'une plaie ?
L'échelle colorimétrique
L'échelle colorimétrique est le premier outil à utiliser pour savoir à quel stade de cicatrisation de la plaie se trouve votre patient(e). L’échelle colorimétrique, qui tient une place de choix pour les praticiens infirmiers, permet de mesurer et de décrire les différentes phases d’évolution de la plaie suivant la couleur des tissus qui la composent. Une bonne observation permet d’évaluer la peau péri lésionnelle, les exsudats, les odeurs et leur importance.
Cette évaluation visuelle aide à identifier rapidement la phase d’inflammation plaie, le bourgeonnement, l’épithélialisation ou une situation de retard de cicatrisation.
| Couleur de la plaie | Type de plaie |
| Noir | Plaie nécrosée |
| Vert | Plaie infectée |
| Jaune | Plaie fibrineuse |
| Rouge | Bourgeonnement |
| Rose | Épidermisation |
La planimétrie
La planimétrie (technique de calque appliquée à une échelle) et la règle graduée renseignent sur la longueur, la largeur et les modifications du périmètre de la plaie.
Les photos numérisées
Les photos numérisées : après consentement du patient, avec une réglette bien visible et non accolée à la plaie afin de bien voir les berges et de prévenir la contamination, une lumière la plus naturelle possible et positionnée strictement à la perpendiculaire, permettent d’évaluer l’évolution de la cicatrisation de la plaie dans le temps.
Pour une meilleure comparaison des images d'une même plaie, les photos doivent toujours être prises à la même distance et dans un même angle par rapport à la plaie.
Les phases de cicatrisation d'une plaie
La cicatrisation d’une plaie suit un processus naturel en plusieurs phases, chacune étant essentielle pour assurer une guérison optimale :
1. Phase inflammatoire
Cette première phase débute immédiatement après la blessure. L’inflammation plaie est une étape physiologique indispensable : elle permet le nettoyage de la lésion avant la réparation tissulaire.
Le corps déclenche une réponse inflammatoire pour nettoyer la plaie : vasodilatation, afflux de globules blancs, élimination des débris et des agents pathogènes.
Cette étape est marquée par des rougeurs, une chaleur locale, un gonflement et parfois de la douleur.
2. Phase de détersion
Le corps élimine les tissus morts et les débris cellulaires. Une plaie nécrosée ou fibrineuse peut apparaître à ce stade. La détersion naturelle est essentielle pour préparer la plaie à la réparation.
Une détersion incomplète peut compromettre les phases de cicatrisation suivantes et entraîner un retard de cicatrisation.
3. Phase de bourgeonnement
Un tissu de granulation rouge, bourgeonnant, riche en capillaires, se forme. Cette phase de bourgeonnement correspond à la réparation tissulaire active. Une plaie bourgeonnante traduit une évolution favorable du processus cicatriciel.
4. Phase d’épidermisation
Les cellules de l’épiderme migrent pour recouvrir le tissu de granulation. La plaie se referme progressivement. Cette phase demande une manipulation délicate pour éviter d’endommager le nouveau tissu fragile, l’épithélialisation doit être protégée
5. Phase de remodelage (maturation)
Le tissu cicatriciel se renforce. La maturation cellulaire correspond à la réorganisation des fibres de collagène afin d’augmenter progressivement la résistance mécanique de la cicatrice.
Cette phase peut durer plusieurs mois et conditionne la qualité finale de la cicatrice.

À retenir : chaque phase est cruciale. Une mauvaise gestion des phases de cicatrisation, la présence de facteurs de cicatrisation défavorables ou une infection persistante peuvent entraîner un retard de cicatrisation et des complications.
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Fiche types de plaie
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Sources
- Les pansements : Indications et utilisations recommandées - Haute Autorité de Santé
- Plaie en milieu humide : du bon usage du pansement - Infirmiers.com
