Qu'est-ce que la reprogrammation neuromotrice ?

Santé
Kinésithérapeute
Cheville

Par Alphonse Doutriaux

3 avril 2026

6 minutes de lecture

La reprogrammation neuromotrice est un mécanisme neurophysiologique intéressant, que les kinésithérapeutes utilisent pour contrer les effets de l’inhibition motrice. Il existe une méthode fondée sur 3 piliers : sensations proprioceptives, imagerie mentale et sons basse fréquence.

Sommaire

Qu'est-ce que la reprogrammation neuromotrice ?

La formation professionnelle des kinésithérapeutes consacre beaucoup de temps à détailler les programmes de rééducation. Lorsqu’un patient pris en charge en kinésithérapie n’évolue plus ou pas assez vite, il s’agit en général d’inhibitions motrices d’origine centrale en lien avec un traumatisme post-opératoire ou un AVC par exemple. Il est alors utile d’employer une méthode de reprogrammation neuromotrice pour traiter ces inhibitions et accélérer le retour à la motricité des patients. 

Rappel

Traiter la kinésiophobie fait appel à de tout autres mécanismes.

Maîtrisez la prise en charge kiné de l'entorse

Maîtrisez la prise en charge kiné de l'entorse

La reprogrammation neuromotrice est un procédé neurophysiologique qui permet 3 types de prise en charge :

  • pour un(e) patient(e) qui ne sait plus du tout comment faire un mouvement : on vise ici l’acquisition motrice ;
  • pour un(e) patient(e) qui fait un mouvement dysfonctionnel : c’est la correction d’un mouvement qui est ciblée ;
  • pour un(e) patient(e) qui fait un bon mouvement mais que l’on veut le rendre le plus optimal possible : c’est un travail sur la gestuelle sportive qui doit être mené.

Bon à savoir

Les kinésithérapeutes rapportent que le plus souvent la reprogrammation neuromotrice est appliquée dans des cas d’instabilité de la cheville ou de boiterie.

La reprogrammation motrice permet la modification, la correction ou l’acquisition d’un automatisme moteur. Cette solution innovante est capable de traiter de multiples pathologies traumatiques (suites de LCA, post opératoire, faiblesses musculaires, limitation d’amplitude du membre supérieur) et neurologiques.

Les méthodes de travail possibles

Ainsi qu’il est détaillé dans les formations continues pour masseur kinésithérapeutes, la reprogrammation neuromotrice se fonde sur 3 piliers.

  • Le travail sur les sensations proprioceptives du patient : on va faire réaliser le testing le plus parlant pour le patient et on va faire travailler le patient du côté pathologique pour lui faire décrire ses sensations.
  • L’imagerie mentale : cette étape repose sur le fait que lorsque l’on imagine un mouvement ce sont presque les mêmes aires motrices qui sont activées que si le mouvement était réel.
  • Un ancrage cortical avec des sons de basse fréquence, qui placent le patient dans un état d'hypovigilance (mode alpha) et lui permettent d’ancrer les choses mises en place à l’étape précédente. Cet ancrage évite que les informations restent en superficie. Le relâchement est utile pour court-circuiter les inhibitions d’origine centrale.
Formations Kinés

Formations Kinés

Découvrez les formations Kinés DPC & FIF PL en ligne de Walter Santé, conçues par des experts et réalisées par des professionnels.

Voici les étapes d'une séance de reprogrammation par le kiné :

  1. la séance de reprogrammation commence par la réalisation d’un bilan, qui comprend l’analyse de la marche en kinésithérapie ;
  2. il s’agit ensuite de définir un objectif et de choisir un test ;
  3. puis, c’est le côté pathologique qui est travaillé en premier : on demande au parent d’exprimer ses sensations le plus précisément possible ;
  4. vient ensuite la phase de relâchement et enfin le travail sur le côté sain.

Astuce

Pour ce dernier, on se sert du neurone miroir, c’est-à-dire de la capacité du cerveau à toujours analyser la différence entre 2 membres et à transposer le fonctionnement sain au côté pathologique, ainsi qu’il est développé dans les formations pour kiné.

Recommandations à appliquer

Les formations continues pour kiné en e-learning ne font pas l’impasse sur les recommandations en matière de reprogrammation neuromotrice. La reprogrammation neuromotrice n’est pas possible en cas de :

  • atteinte mécanique nerveuse, comme une lésion de la moelle ;
  • hyperalgie (EN supérieur à 8/10), car la douleur parasite toutes les autres sensations ;
  • dégradation des capacités cognitives : le patient doit pouvoir verbaliser et avoir une compréhension des consignes.
Une question sur le DPC ?

Une question sur le DPC ?

Échangez en direct avec l'un de nos conseillers du lundi au vendredi, 9h30-19h.

La méthode de rééducation Allyane

La méthode Allyane est une technique de reprogrammation neuromotrice qui allie la proprioception à l’imagerie mentale et aux sons de basse fréquence. Ces sons font partie d’un dispositif breveté ; ce sont eux qui permettent d’ancrer le travail au niveau sous-cortical de manière durable.

 

Les avis sur la méthode Allyane vont dans le bon sens et il existe des formations qui explicitent la rééducation Allyane. Des formations relatives à l’anatomie des membres inférieurs, comme la formation Cheville à distance, sont plutôt complémentaires à la méthode Allyane.

Ces formations pourraient vous plaire

Découvrez une sélection de formations en ligne que d'autres apprenants ont appréciées

Toutes les formations

Avis apprenants et élèves

Leurs témoignages parlent pour nous

4.7 / 5 sur Google

Derniers articles

Tout savoir sur l'analyse de la marche en kiné

Alphonse Doutriaux

2 juillet 2024

L’analyse quantifiée de la marche est un examen très complet d’étude d’une déviation de la marche, dont le but est de rentrer dans la complexité des divers phénomènes en jeu dans ce schéma moteur, afin de proposer la meilleure prise en charge possible. Le déroulement de cet examen permet d’obtenir une grande quantité d’informations dont l’analyse est précieuse.

Tout savoir sur l’inhibition motrice en kinésithérapie

Alphonse Doutriaux

2 juillet 2024

L'inhibition motrice est un phénomène fonctionnel qui peut devenir dysfonctionnel lorsqu’il s’exerce de façon excessive. La reconnaissance d’une inhibition motrice a une grande importance dans l’évitement de l’aggravation des mouvements adaptatifs délétères et la prise en charge des pathologies des muscles et articulations des membres inférieurs. Les formations complémentaires pour kiné passent en revue les enjeux de ce phénomène.

Modalités de traitement de la kinésiophobie

Alphonse Doutriaux

2 juillet 2024

La kinésiophobie est une peur excessive et invalidante du mouvement et de l'activité physique. Elle provient d'un sentiment de vulnérabilité suite à une blessure douloureuse. Il s’agit de détecter et de soigner la kinésiophobie, tout en comprenant que c'est précisément l'exercice physique qui participe pour beaucoup à la réussite du traitement. 

Le bilan proprioceptif dans le traitement de la cheville instable

Alphonse Doutriaux

5 mars 2024

L’instabilité chronique de la cheville nécessite une prise en charge multidirectionnelle, notamment un bilan proprioceptif, mais aussi un bilan pré-thérapeutique ainsi que des examens clinique et radiographique. Ce n’est qu’à l’issue de ces étapes successives et minutieuses qu’un traitement pourra être décidé : le médecin pourra opter pour un traitement de l’ensemble des lésions et une rééducation proprioceptive de la cheville.

Les bonnes pratiques en ligamentoplastie de la cheville

Alphonse Doutriaux

5 mars 2024

Traiter l’entorse à la cheville est un sujet qui n’est pas si anodin qu’il en a l’air, surtout lorsqu’il est question d’avoir recours à une opération. La prise en charge chirurgicale des instabilités de cheville dépend de l’origine de l’instabilité. Si elle est fonctionnelle, c’est la rééducation qui prime ; si elle est anatomique, le traitement chirurgical est à privilégier. Dans ce cas, il s’agit de procéder à une ligamentoplastie latérale pour laquelle il existe un ensemble de bonnes pratiques pour assurer les meilleurs résultats et une récupération optimale.

Traitement de l'entorse à la cheville en kinésithérapie

Alphonse Doutriaux

5 mars 2024

Le traitement de l’entorse à la cheville suppose avant tout un diagnostic précis basé sur l’interrogatoire du patient, l’examen clinique et des explorations par imagerie. Les entorses de la cheville sont alors prises en charge en fonction de leur degré de gravité. Le traitement des entorses légères de la cheville suppose l’intervention d’un kiné. Quant aux entorses graves, le traitement chirurgical est le plus indiqué en première intention.

Envie d’en savoir plus sur la formation Cheville et autonomisation ?

Photo de Alice, conseiller
Échangez avec un de nos conseillers pédagogiques.
01 76 49 09 99