Les traitements par anticoagulants sont indispensables pour toutes pathologies rencontrant une forte coagulation du sang, néanmoins, ils n’en restent pas moins des traitements qui nécessitent une haute surveillance. Il est important de bien connaître les effets secondaires des anticoagulants, notamment ceux liés à l’injection anti-phlébite comme le Lovenox®, pour mieux accompagner les patients.
Les effets secondaires des anticoagulants sont nombreux et différents pour chaque molécule. Une formation infirmier sur les risques, comme la formation Walter Santé Anticoagulants, est essentielle pour améliorer la prise en charge de vos patients et comprendre les contre-indications des anticoagulants.
Retrouvez l’ensemble des effets indésirables des anticoagulants dans cette fiche IDE.
Les anti-vitamines K sont des anticoagulants qui inhibent l’activité de la vitamine K et préviennent donc l’apparition de caillots. Différents médicaments sont utilisés en tant qu’AVK :
la warfarine (Coumadine®)
la fluindione (Préviscan®)
l’acénocoumarol (Sintrom®, Mini-sintrom®)
Il faut noter que la Coumadine® est le médicament de référence pour le traitement par anti-vitamines K et que le Sintrom® est de moins en moins employé, sauf pour les patients pour qui le traitement est fonctionnel. Néanmoins, la prescription de Préviscan® reste majoritaire.
Il convient de présenter les effets secondaires des anticoagulants AVK pour chaque molécule.
La Coumadine®, le Sintrom®,et le Mini-sintrom®
Les effets secondaires de l’anticoagulant Warfarine sont :
hémorragies ;
diarrhée ;
douleurs des articulations ;
chute de cheveux ;
réaction allergique.
Il est essentiel de rappeler que ce médicament présente plusieurs contre-indications des anticoagulants. Il ne doit pas être utilisé dans les cas d’allergie aux AOD, d’insuffisance hépatique grave, d’association aux médicaments contenant de l’aspirine à forte dose, de la phénylbutazone, du miconazole (sauf formes destinées à être appliquées sur la peau) et du millepertuis, ou en cas de grossesse (excepté pour les femmes porteuses de certaines valves cardiaques).
Bon à savoir
Le Sintrom® et le Mini-Sintrom® témoignent des mêmes contre-indications et effets indésirables que la Coumadine®.
Le Préviscan®
Si le Préviscan® possède les mêmes effets secondaires que les anticoagulants comme la Coumadine®, certains effets indésirables sont à ajouter. On peut observer divers effets de la fluindione sur l’organisme, qui sont :
réaction allergique pouvant se traduire par des atteintes rénales, du foie, de la peau ou du sang ;
embolie de cristaux de cholestérol.
Pour les contre-indications, elles sont identiques aux autres anti-vitamines K. Néanmoins, la molécule de la fluindione passe dans le lait maternel, il est donc recommandé de ne pas allaiter sous traitement.
Les anticoagulants oraux directs (AOD) ont une fonction curative et préventive des risques thrombotiques. Ils vont immédiatement bloquer l’activation des facteurs de coagulation. Il existe deux classes d’AOD :
les inhibiteurs directs du facteur Xa : l’Apixaban, et Rivaroxaban ;
un inhibiteur direct de la thrombine (anti-IIa) : Dabigatran.
Tableau comparatif des anticoagulants oraux directs (AOD
Rappel
La prise d’anticoagulant demande une observation constante en raison des risques hémorragiques et des effets indésirables. Une formation continue infirmier sur les anticoagulants vous permet de vous renseigner sur les points de vigilance à adopter.
Tableau comparatif des AOD
Médicament
Classe
Principaux effets secondaires
Surveillance biologique
Antidote disponible
Eliquis® (apixaban)
Anti-Xa
Saignements, anémie, hématome, nausées
Non systématique
Oui (andexanet alfa)
Xarelto® (rivaroxaban)
Anti-Xa
Saignements, troubles digestifs, prurit
Non systématique
Oui (andexanet alfa)
Pradaxa® (dabigatran)
Anti-IIa
Hémorragies, éruption cutanée, reflux
Non systématique
Oui (idarucizumab)
Tableau comparatif des anticoagulants oraux directs (AOD) - Source : Walter santé
L'Eliquis® : Apixaban
Eliquis effets secondaires : que faut-il savoir pour les professionnels de santé ?
On constate différents effets secondaires chez l’Eliquis® 5 mg :
anémie, fatigue, saignements, hématome et nausées ;
baisse du nombre des plaquettes ;
hypotension ;
saignement de nez, urinaire, génital, hémorragie du tube digestif (le plus souvent pertes de sang imperceptibles) ;
démangeaisons ;
augmentation des transaminases ;
dans de rares cas, des saignements du rectum, des gencives, de l’œil, et des réactions allergiques.
Ces effets sont directement liés à l’action anticoagulante de l’apixaban, inhibiteur du facteur Xa, qui empêche la formation de thrombine.
La majorité des effets secondaires sont bénins, mais des hémorragies majeures (digestives, intracrâniennes, génitales) peuvent survenir en cas de surdosage, d'interaction médicamenteuse ou de terrain à risque.
Il est donc essentiel que l’infirmier(ère) surveille tout signe d’hémorragie anormale, même discret (gencives, ecchymoses inexpliquées, hypotension, fatigue inexpliquée).
Bon à savoir
En cas d’interrogation sur les effets indésirables d’un traitement anticoagulant, notamment les eliquis effets secondaires, il est essentiel de vérifier le contexte clinique, les autres traitements en cours, et d’alerter le médecin en cas de doute.
Si la prise d’Eliquis® 5 s’accompagne d’effets secondaires, il convient d’être également attentif aux contre-indications du médicament. Il n’est pas recommandé de recourir à cette molécule en cas de :
saignement important ;
maladie ou situation exposant à un risque hémorragique grave ;
maladie du foie associée à un trouble de la coagulation ;
en association avec un autre anticoagulant par voie orale ou injectable (sauf dans le cas d’un relais entre ces traitements).
Le suivi d’un patient sous anticoagulant, comme Eliquis, demande la même rigueur que celui d’un patient sous chimiothérapie à domicile. L’identification rapide des signes d’alerte et la traçabilité sont essentielles pour limiter les complications.
À noter : un antidote de l’apixaban, l’andexanet alfa, peut être utilisé en milieu hospitalier dans certains cas d’urgence hémorragique.
La demi-vie d’Eliquis est de 12 heures, et le traitement ne nécessite pas de surveillance biologique de routine (comme l’INR), mais un suivi clinique rigoureux est indispensable.
Le Xarelto® : Rivaroxaban
Le Xarelto®, deuxième anticoagulant inhibiteur direct du facteur Xa, témoigne également de plusieurs effets secondaires.
Sur des cas fréquents (1 à 10 % des personnes) :
saignements (nasaux, gingivaux, du tube digestif, des voies urinaires, oculaires, cutanés, règles plus abondantes ou plus prolongées) et hématomes ;
Le Pradaxa®, sous la molécule Dabigatran, contient un peu moins d’effets secondaires que les autres anticoagulants oraux directs. On peut tout de même noter les effets secondaires suivants :
hémorragies (hématomes, saignement de nez, hémorragie du tube digestif) ;
présence de sang dans les urines ;
anémie, anomalie de la numération formule sanguine ;
Il est peu recommandé d’utiliser ce médicament en cas de :
insuffisance rénale grave ;
saignement important ;
maladie ou situation exposant à un risque hémorragique grave ;
maladie du foie associée à un trouble de la coagulation ;
port d'une valve cardiaque artificielle ;
en association avec un autre anticoagulant (par voie orale ou injectable) et avec les médicaments contenant du kétoconazole (sauf forme destinée à être appliquée sur la peau), de l'itraconazole, de la ciclosporine, du tacrolimus ou de la dronédarone.
HNF
L’héparine non fractionnée est une molécule naturelle qui inhibe le facteur Xa et la thrombine (facteur IIa). Elle est administrée par voie injectable en intraveineuse ou sous-cutanée, ce qui en fait un anticoagulant à action rapide et efficace. Elle est divisée en deux médicaments : l’héparine sodique (Héparine Choay®) et l’héparine calcique (Calciparine®).
L’héparine sodique
Pour les effets indésirables de l’anticoagulant Héparine Choay®, on retrouve :
des hémorragies de gravité variable ;
une baisse des plaquettes sanguines justifiant des analyses de sang avant et pendant le traitement ;
des allergies.
Une formation infirmier vous renseigne aussi sur les contre-indications à la molécule héparine sodique, qui sont les cas de :
allergie ou baisse des plaquettes sanguines lors d’une précédente utilisation de ce médicament ou d’un autre médicament de la famille des héparines ;
hémophilie et maladies apparentées ;
risque de saignement d’un organe (ulcère de l’estomac ou du duodénum) ;
hémorragie cérébrale.
L’héparine calcique
Les effets secondaires des anticoagulants de Calciparine® constatés sont :
des hématomes au point d’injection ;
des hémorragies de gravité variable ;
une baisse des plaquettes sanguines, justifiant des analyses de sang avant et pendant le traitement ;
une élévation transitoire des transaminases ;
une douleur durable au point d’injection pouvant traduire une lésion de la peau.
Bon à savoir
Les contre-indications à la prise de Calciparine® sont les mêmes que celles listées pour les traitements par Héparine Choay®.
Les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) neutralisent essentiellement le facteur Xa et un peu la thrombine. Ces anticoagulants sont souvent employés en situation ambulatoire en raison de leur délai d’action court. On retrouve 4 molécules différentes :
la Daltéparine (Fragmine®) ;
l’Enoxaparine (Lovenox®) ;
la Nadroparine (Fraxiparine®) ;
la Tinzaparine (Innohep®)
Les effets secondaires des anticoagulants Innohep®, Lovenox®, Fraxiparine® et Fragmine® sont similaires, on retrouve :
des hématomes au point d’injection ;
des hémorragies de gravité variable ;
une baisse des plaquettes sanguines, justifiant des analyses de sang avant et pendant le traitement.
élévation transitoire des transaminases, hyperkaliémie ;
des réactions allergiques et une douleur durable au point d’injection pouvant traduire une lésion de la peau.
Important
Dans de très rares cas, on peut observer du priapisme avec la prise de Fraxiparine®.
Pour le Lovenox®, on constate quelques autres effets indésirables qui sont les suivants :
maux de tête ;
urticaire, démangeaisons, et rougeur cutanée ;
éruption bulleuse.
En plus des effets indésirables des anticoagulants HBPM, ils sont contre-indiqués dans les cas de :
baisse des plaquettes sanguines lors d’une précédente utilisation de ce médicament ou d’un autre médicament de la famille des héparines ;
hémophilie et maladies apparentées ;
risque de saignement d’un organe (ulcère de l’estomac ou du duodénum).
Ce médicament ne doit pas être utilisé à forte dose en cas d’insuffisance rénale grave ou d’hémorragie cérébrale.
Rappel
Il est important de noter que l’arrêt brutal d’anticoagulants entraîne des effets secondaires tels que la possibilité de la formation d’un caillot et donc augmente les risques de phlébites et d’embolies pulmonaires, ainsi que d’accidents vasculaires cérébraux.