Les lésions ligamentaires de la cheville en kinésithérapie

Santé
Kinésithérapeute
Cheville

Par Alphonse Doutriaux

3 avril 2026

7 minutes de lecture

La cheville est une articulation composée de 3 os et de deux ligaments principaux. Les lésions ligamentaires de la cheville représentent 6000 consultations journalières en France. Une entorse peut avoir plusieurs niveaux d’atteinte des ligaments et sa prise en charge dépend du niveau de lésion. En effet, certaines entorses nécessitent une rééducation quand d’autres demandent une immobilisation totale et une chirurgie. Voyons quand et comment se déroule une ligamentoplastie. 

Sommaire

Anatomie de la lésion ligamentaire de la cheville

Anatomie de la cheville

La cheville est constituée de 3 os :

  • l’extrémité inférieure du tibia ;
  • l’extrémité inférieure du péroné, ou fibula ;
  • le talus, autrement dit l’astragale. 

Bien que la cheville soit une articulation emboîtée, elle a besoin de ligaments pour assurer sa stabilité. En effet, la cheville est soumise, tout au long de la vie, à d’innombrables et fortes contraintes. Ces dernières peuvent être induites par la pratique sportive autant que par une simple marche. 


Les ligaments principaux de la cheville sont  : 

  • le ligament collatéral médial, situé en interne ;
  • le ligament collatéral latéral, en externe. Ce dernier est plus faible que le précédent. Il est donc le plus souvent atteint lors d’une déchirure de ligament de la cheville.

Lésions ligamentaires de la cheville

Une lésion ligamentaire de la cheville peut atteindre les ligaments à différents niveaux

  • son faisceau antérieur, ou talo-fibulaire antérieur ;
  • faisceau moyen, ou fibulo-calcanéen.

Le mécanisme d’entorse est bien souvent un mouvement dit de varus-équin. Cela veut dire que le pied part vers l’intérieur. Dans ce cas de figure, c’est le ligament externe qui est atteint par la lésion. Le ligament latéral est étiré et peut aller jusqu’à la rupture. C'est le niveau d’étirement qui permet de définir si l’entorse est bénigne ou grave. 


Pour en apprendre davantage sur les lésions ligamentaires de la cheville ainsi que le suivi kinésithérapique de l’entorse, suivez la formation continue pour kiné proposée par Walter Santé. En effet, les consultations pour entorse de la cheville représentent 7 à 10 % des consultations totales. Cela représente 6000 patients par jour en France. Une réelle demande existe.

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Comment diagnostiquer une lésion ligamentaire ?

Une lésion ligamentaire de la cheville s’exprime par un gonflement de l’articulation liée à une hémorragie interne. La peau est aussi décolorée et la zone est sensible au toucher. La douleur est accentuée par le mouvement de rotation de la cheville. 


Ainsi, une entorse de cheville, ou lésion ligamentaire, peut être diagnostiquée grâce à un examen physique accompagné, dans la majorité des cas, d’une radiographie. Elle permet d’écarter la fracture du diagnostic.


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Quelle est la prise en charge adaptée ?

La prise en charge de l’instabilité de la cheville passe par de bonnes pratiques à mettre en place en ligamentoplastie. Cependant, qui dit lésion ligamentaire de la cheville ne dit pas forcément chirurgie. En effet, si l’atteinte ligamentaire provoque une instabilité fonctionnelle, la prise en charge est avant tout de rééducation. Dans le cas d’instabilité mécanique, la chirurgie est mise en œuvre. 


Elle est souvent multifactorielle et peut correspondre à : 

  • des lésions du complexe latéral ; 
  • la laxité de la sous-talienne ; 
  • une laxité de la syndesmose ;
  • déformation de l’arrière du pied ;
  • faiblesse des fibulaires ;
  • défaut de proprioception

Le bilan préthérapeutique est fondamental et la chirurgie de réparation ligamentaire peut être une ligamentoplastie ou une ostéotomie.

On parle également de réinsertion anatomique

  • la technique de Broström, avec la réinsertion du faisceau antérieur et du faisceau moyen ;
  • la technique Duquennoy. 

La réinsertion peut être accompagnée d’un renfort ligamentaire. Dans ce cas, le chirurgien peut utiliser le périoste, notamment avec la technique de Saillant. On peut également utiliser le frondiforme, à la façon de Gould ou à la manière de Saragaglia. Un nouveau ligament peut être créé de toute pierre à partir du frondiforme.


La reconstruction intervient lorsque les ligaments ne sont plus utilisables. Dans ce cas, les muscles de la cuisse peuvent être utilisés pour la reconstruction des faisceaux antérieurs et moyens. Une greffe de tendon peut aussi être mise en œuvre. 


Enfin, la ténodèse est la dernière technique envisageable. Elle permet d’utiliser tout ou partie du court fibulaire pour brider la sous-talienne et la tibio-talienne. 


Quelle que soit la méthode utilisée, deux questions doivent rester à l’esprit du chirurgien et du kiné

  • la stabilité à long terme ;
  • le risque d’arthrose. 

Si vous voulez en apprend davantage sur la prise en charge de l’inversion de cheville, autrement dit l’entorse, lisez notre article sur le sujet. Vous découvrirez comment la reconnaître, la différencier de l’éversion et la prendre en charge.

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Comment se déroule une ligamentoplastie ?

La chirurgie de la cheville ou ligamentoplastie

Une ligamentoplastie de la cheville consiste à remplacer le ligament rompu. Les ligaments sont constitués de tissu fibreux de couleur blanche et unissent les os ou les cartilages entre eux. Ils sont très résistants.  


La ligamentoplastie est donc une opération chirurgicale de la cheville, pratiquée après un traumatisme d’un ligament (cela concerne également les ligaments du genou), particulièrement la rupture d’un ligament. Son but est bien de reconstituer le ligament endommagé afin que les patients retrouvent une mobilité et une stabilité quotidienne de qualité.


Les techniques de ligamentoplastie de la cheville sont sans cesse en cours d’amélioration. Ainsi, l’arthroscopie, qui est une technique fermée. Comme la méthode est très récente, les chirurgiens n’ont pas encore le recul suffisant pour en tirer des conclusions. Ils savent cependant qu’elle n’est pas réparée efficacement la sous-talienne.

Le suivi postopératoire d’une ligamentoplastie

À la suite d’une ligamentoplastie de la cheville, les patients reçoivent des antalgiques pour quelques jours. Ce traitement peut, sur ordonnance du chirurgien orthopédique, être accompagné de : 

  • traitement évitant les phlébites ;
  • un traitement d’acide ascorbique pour éviter l’algodystrophie. 

Concernant la rééducation, la marche est généralement possible le jour même de l’opération, avec le port d’une attelle. Six semaines sont ensuite nécessaires pour reprendre la natation ou le vélo et trois mois pour la course. 


Le (la) patient doit pratiquer des gestes d’autorééducation tels que la flexion-extension de la cheville, plusieurs fois par jour. La rééducation kinésithérapique ne peut commencer que trois semaines après l’opération, une fois que le chirurgien a revu le patient et lui a donné l’autorisation pour passer à cette étape. La rééducation suivie par un masseur-kinésithérapeute se déroule au rythme de séances hebdomadaires.

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