TP et INR : fiche infirmier des normes et calcul

blog

Santé

Infirmier

Anticoagulants

TP et INR

TP & INR : normes et calcul

|

7 min

|

Par Alphonse Doutriaux

Le TP (taux de prothrombine) et l’INR (International Normalized Ratio) sont les deux examens de référence à réaliser pour les patients sous antivitamine K (AVK). Les AOD, quant à eux, ne requièrent pas la mesure du TP ou de l’INR, et sont plus simples à surveiller. Fonctionnement du TP et de l'INR, norme, calcul, surveillance des AVK, etc. Toutes les informations utiles sont ici !

Sommaire

  • Qu'est-ce que le TP et l'INR ?
  • Les normes de TP et INR
  • La surveillance de l'IRN dans les traitements par AVK
  • Téléchargez la fiche IDE sur les normes de TP et INR en PDF

Programme formation Anticoagulants

+ de 1000 téléchargements

TP et INR

+ de 800 téléchargements

Partager sur :

Qu'est-ce que le TP et l'INR ?

Le TP et l’INR sont des examens de biologie utilisés dans la surveillance et la prise en charge infirmière des patients sous anticoagulants, et plus particulièrement des patients sous antivitamine K (AVK). Le TP correspond au taux de prothrombine, il sert au calcul de l’INR. Il permet de mesurer le temps de saignement et de coagulation du plasma en présence d’un réactif, la thromboplastine. Il permet ainsi d’explorer les facteurs de la coagulation, dont la vitamine K dépendant. Cependant, le résultat dépend pour beaucoup du réactif utilisé et des techniques réalisées par le laboratoire. C’est pourquoi, selon le laboratoire, le résultat n’est pas toujours le même. C’est ici que l’INR intervient : il permet de rapporter le résultat du TP par rapport à une norme standardisée.

 

L’INR (International Normalized Ratio) est le rapport du TP (taux de prothrombine) du patient sur le TP du témoin, multiplié par un index de calibration international. Il existe désormais des appareils mobiles qui permettent de faire le calcul de l’INR et du TP, sans passer par un laboratoire. Ces appareils, qui ressemblent à un glucomètre, sont utiles pour les patients qui sont sous surveillance étroite et fréquente.

 

Le calcul de l’INR et du TP n’est pas nécessaire dans la surveillance des AOD (Anticoagulants Oraux Directs), ce qui les rend plus simples à surveiller, à gérer ou à prescrire, tant pour les infirmiers, que les médecins ou les patients. Les AOD nécessitent surtout de surveiller la fonction rénale (principale contre-indication). La surveillance des héparines passe généralement par la surveillance des plaquettes sanguines, une héparinémie et le test TCA (temps de céphaline activée). N’hésitez pas à consulter notre fiche IDE des HBPM pour plus d’informations sur les héparines de bas poids moléculaire.

img test
Accompagnez les patients sous anticoagulants

Appareil cardiovasculaire, méthodes de fluidification du sang, rôle de l'infirmier et complications possibles.

Découvrir la formation

Les normes de TP et INR

Pour améliorer la prise en charge des patients sous anticoagulants, il est important de connaître le fonctionnement du TP et de l’INR, la norme et la méthode de calcul. Concernant le TP, le résultat est donné en pourcentage en fonction d’un témoin. Le taux de prothrombine normal est de 100 % (taux de prothrombine 100 %). En cas de coagulation sous AVK, il faut rechercher une valeur de TP autour de 30 %.

 

Le calcul de l’INR et du TP pour un patient sous AVK peut varier, car certaines interactions le font fluctuer. C’est le cas de l’alimentation. En effet, de nombreux aliments contiennent de la vitamine K qui a un effet antagoniste avec les AVK. Les médicaments, même d’usage courant, peuvent aussi créer des interactions avec les AVK. Une majorité de médicaments peuvent créer un effet anticoagulant augmenté (risque de saignement accru), tandis que d’autres ont un effet anticoagulant diminué. C’est pourquoi il est important de faire le calcul INR et TP environ 48h après l’introduction d’un nouveau traitement pour un patient sous AVK, même si l’interaction entre les deux médicaments n’est pas connue.

 

Une fois mesuré le taux de prothrombine, l’INR permet de comparer le résultat à une norme. Le résultat normal de l’INR est de 1 (patient qui n’est pas anticoagulé). Les patients sous anticoagulants doivent se situer idéalement entre 2 et 3. Au-dessus de 4, il y a un risque important de saignement.

Rappel

Voici un résumé du calcul du TP et de l’INR (normes) :

  • TP (taux de prothrombine) : taux normal à 100 %, taux recherché sous AVK à 30 %, varie facilement ;
  • INR (International Normalized Ratio) : taux normal à 1, taux recherché sous anticoagulant entre 2 et 3, attention au-dessus de 4.

La surveillance de l'IRN dans les traitements par AVK

Les antivitamines K (AVK) ont pour but de bloquer les facteurs vitamine K dépendants, et notamment le facteur II (prothrombine).

 

La surveillance biologique des antivitamines K (les médicaments Sintrom, Coumadine ou Préviscan, par exemple) est composée du TP et de l’INR, en plus de la surveillance du risque hémorragique. Il est important d’avoir les deux tests pour la surveillance des AVK, car l’INR se calcule d’après le TP du patient. L’objectif est d’avoir des résultats en harmonie (TP et INR).

 

Au début de la prise en charge du patient sous anticoagulants, l’examen de TP et INR (prise de sang) doit être réalisé deux fois par semaine pendant un mois. Il peut ensuite être réalisé une fois par semaine, puis, si les résultats sont normaux, espacé tous les 15 jours. Dans le cas d’une décoagulation sous AVK, il faut rechercher une valeur cible entre 2 et 3. Dans le cas d’une valve cardiaque mécanique, le taux à rechercher est situé entre 4 et 5. Tous les patients n’ont donc pas la même fréquence de calcul du TP et de l’INR selon leur situation.

Important

Il faut être vigilant lorsqu’une intervention chirurgicale est prévue pour un patient sous antivitamine K (relais avec héparine ou non, ajustement des doses, etc.).

Les AVK sont moins prescrits de nos jours, car ils nécessitent une surveillance plus importante que les AOD ou les héparines. Les AOD sont plus souvent prescrits, car ils sont tout aussi efficaces, plus simples à utiliser, et le taux de saignement est moins élevé (les AVK provoquent plus souvent des hémorragies cérébrales alors que les AOD engendrent plutôt des saignements digestifs). Cependant, un patient avec des résultats stables sous AVK peut le rester, il n’est pas indispensable de lui changer son traitement. 

img test
Formations Infirmiers

Découvrez les formations continues Infirmiers DPC & FIF PL en ligne de Walter Santé.

Découvrir les formations

Astuce

Développez vos connaissances et vos compétences pour la prise en charge de vos patients sous anticoagulants avec un cours infirmier complet, 100 % en ligne. Notre formation Anticoagulants Walter Santé aborde tous les points importants, pour les IDELs débutants ou en pratique avancée, concernant les anticoagulants, les médicaments, les doses, les maladies liées et la surveillance.

Maîtrisez-vous le suivi des patients sous anticoagulants ?

Au cours d'un traitement anticoagulant, quelle est la complication la plus redoutée ?

A

L'embolie pulmonaire

B

La thrombose veineuse

C

L'accident hémorragique

Téléchargez la fiche IDE sur les normes de TP et INR en PDF

TP et INR

TP et INR

+ de 800 téléchargements

Programme formation Anticoagulants

+ de 1000 téléchargements

TP et INR

+ de 800 téléchargements

Maîtrisez-vous le suivi des patients sous anticoagulants ?

Au cours d'un traitement anticoagulant, quelle est la complication la plus redoutée ?

A

L'embolie pulmonaire

B

La thrombose veineuse

C

L'accident hémorragique

Partager sur :

Commentaires

Publier un commentaire

Un doute, une question, nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

Sur le même thème

La formation du clou plaquettaire

Walter Learning

Alphonse Doutriaux

|

17 Juillet 2023

Deuxième temps fort de l’hémostase primaire, le clou plaquettaire joue un rôle essentiel dans la coagulation du sang. Il favorise l’accumulation et l’agrégation des plaquettes sanguines dans la zone vasculaire lésée, ceci afin de boucher la brèche et d’éviter tout risque hémorragique. Les patients sous anticoagulants, cependant, peuvent avoir des problèmes de coagulation, augmentant le risque d’hémorragies internes ou externes. C'est pourquoi la surveillance des patients sous anticoagulants est importante. 
Retour sur le rôle et les étapes de la formation du clou plaquettaire.

Lire l'article

Prise en charge infirmière des patients sous anticoagulants

Walter Learning

Alphonse Doutriaux

|

26 Juin 2023

Les anticoagulants sont des médicaments à risque qui présentent des effets secondaires. L’infirmier a donc un rôle important à jouer dans la vigilance, la surveillance et la sécurisation de la prise d’anticoagulants dans les soins infirmiers qu'il donne à ses patients. Afin de bien prendre en charge ses patients, il est important de comprendre quelle est la responsabilité de l’infirmier, les étapes dans la prescription des médicaments anticoagulants, et les erreurs médicamenteuses les plus fréquentes.

En suivant les informations issues de notre , nous abordons deux points fondamentaux dans la deuxième et la troisième partie : la vigilance concernant les dosages et la surveillance des effets indésirables pour les patients sous anticoagulants.

Lire l'article

La surveillance du risque hémorragique chez le patient sous anticoagulants

Walter Learning

Alphonse Doutriaux

|

26 Juin 2023

L’accident hémorragique est le principal risque chez le patient sous anticoagulants. L’infirmier doit donc assurer une surveillance attentive, en vérifiant les signes d’hémorragie, et plus particulièrement d’accident hémorragique grave (même si l’hémorragie non grave doit aussi être surveillée).

Cet article reprend les informations contenues dans notre formation infirmier anticoagulants : signes d'une hémorragie, gestion de l’accident hémorragique majeur (critères, surveillance et gestes d’urgence) et gestion de l’accident hémorragique non majeur.

Lire l'article

Prescription de Lovenox et surveillance des plaquettes

Walter Learning

Alphonse Doutriaux

|

17 Juillet 2023

Parmi les anticoagulants, les héparines de bas poids moléculaires (HBPM) sont composés de quatre médicaments : la Fragmine, la Fraxiparine, l’Innohep et le Lovenox. Les HBPM inhibent le facteur Xa et la thrombine. L’injection de Lovenox doit être réalisée en sous-cutanée et il est souvent utilisé en ambulatoire.
Vous avez des questions concernant les modalités du traitement Lovenox et la surveillance des patients sous Lovenox (plaquettes et anti-Xa) ? Retrouvez les informations essentielles, issues de notre formation pour infirmière, dans cet article.

Lire l'article